‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 4)Chapitre 123 sur 243 · ACTE III, SCÈNE I. 23i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I. 23i

Enfin, vous me devez votre fortune entière; Et, lorsque Médicis , exauçant ma prière, Remit sous le feu roi les sceaux entre vos mains, Je suis , disais-je alors , garant de ses desseins : Du seul bien de l'État son âme est occupée. Elle m'a cru, Monsieur.

l'hospital.

Et vous l'avez trompée?...

LORRAINE

Peut-être, puisqu'enfin vous osez aujourd'hui Vous armer contre nous , et braver notre appui.

l'hospital.

Non , vous ne croyez pas qu'en effet je vous brave;

Mais j'étais un ami : vous vouliez un esclave.

Si le rang que j'occupe est un de vos bienfaits ,

Si je vous dois beaucoup, je dois plus aux Français.

Il fallait enchaîner les discordes civiles.

Fixer des droits rivaux les bornes difficiles ,

Et, quand tous les partis ont méconnu les lois,

Faire entendre partout leur inflexible voix.

Pour appui, dès long-tems, n'ayant que mon courage.

Partout, jusqu'à ce jour, j'ai fait tête à l'orage;

J'ai tâché d'accomplir ou de montrer le bien.

D'être sujet , Monsieur, mais d'être citoyen ,

D'éclairer le monarque, et non pas de lui plaire.

LORRAINE

(A part.) (Haut.)

Le roi vient. Je crains peu cette vertu sévère.

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