‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 4)Chapitre 151 sur 243 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Page 2i5, vers 6.

Philippe et ses sujets sont nos vrais adversaires:

Philippe II, roi d'Espagne, fut lié toute sa vie avec la faction des Guises : il fut l'âme et le soutien de la Ligue. L'Amiral deColigni, persuadé qu'on devait à ce monarque hypocrite et cruel une grande partie des malheurs de la France, ne négligea

rien pour engager Charles IX à porter la guerre en Espagne et en Flandre. Outre les raisons de vengeance, Coligni donnait des raisons politiques pour déterminer cette entreprise : il croyait qu'une guerre étrangère pourrait seule faire cesser la guerre civile en France.

Ibid.

Page 2i5, vers 11 et suiv.

Carlos, avant le tems au tombeau descendu, Jette un cri douloureux qui n'est pas entendu ; Le sang de votre sœur demande aussi vengeance.

Isabelle de Valois, sœur de Charles IX , épousa Philippe II, roi d'Espagne. Elle avait été promise à don Carlos, et périt empoisonnée, dit -on, pour s'être montrée trop sensible à l'amour de ce jeune prince. Ils moururent tous les deux en i568.

Ibid,

Page 216, vers 22 et 23.

Pensez-vous qu'il oublie, en faveur de la France, Et leurs communs aïeux et leur double alliance ?

L'empereur Maximilien II et le roi d'Espagne Philippe II étaient cousins germains. Maximilien avait épousé Marie d'Autriche, sœur de Philippe; et Philippe, Marguerite d'Autriche, sœur de Maximilien.

Ibid.

Page 217, vers 2 et 3.

Au tems où Charles-Quint, lassé de sa grandeur, Nommant son fils monarque, et son frère empereur, etc.

En r555, Charles-Quint abdiqua la couronne d'Espagne en

faveur de Philippe II , son fils, et, trois ans après, la couronne impériale en faveur de son frère, Ferdinand I*"^, père de Maximilien II. Cette division de l'héritage de Charles-Quint changea l'équilibre de l'Europe. C'est par cet événement que la France parvint, un demi-siècle après, à prendre son rang de puissance dominante.

Ibid,

Page ai7, vers 10 et 11.

Ah! si Rome oubliait qu'un roi de votre nom Réduisit Alexandre à demander pardon,

Il est ici question de Charles VIIÏ et d'Alexandre VI. L'entrée triomphante de Charles VIII dans la ville de Rome est de 1495. Après avoir conquis presque toute l'Italie, il revint en France, épuisé d'hommes et d'argent. L'exemple de ce prince ne désabusa point de cette chimérique conquête de l'Italie, Louis XII et François I^^, ses successeurs. Leurs succès ruinèrent la France , malgré l'économie de Louis XII et la vénalité des charges, établie sous François I^''. Les finances de France, écrasées de jour en jour depuis la mort de Louis XI , ne se relevèrent que sous le ministère de Sully.

Ibid.

Page 218, vers i3 et i4-

Il s'élève pour nous aux champs de l'Amérique De nouveaux intérêts, une autre politique.

L'Amiral de Coligni est le premier qui envoya une colonie française dans le nord de l'Amérique. La découverte de ce continent, et la découverte bien plus importante de l'imprimerie, ont changé la face de l'Univers. La communication des idées est devenue si rapide qu'on peut prédire sans témérité que la puissance héréditaire et la superstition seront exilées du

monde dans quelques siècles, et de l'Europe eîitière avant cent années. La perfectibilité indéfinie du genre humain était une idée chère à Condorcet : elle dicta le dernier ouvrage * de ce grand homme, dans le tems même où il périssait victime d'une opinion corrompue , et de quelques bourreaux ambitieux qui mettaient toute leur gloire à dégrader l'espèce humaine.

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