‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 4)Chapitre 198 sur 243 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

LA REINE-MÈRE

De cet ambitieux nous blâmons l'insolence ; Mais son orgueil demain gardera le silence. Vous n'aurez point formé des souhaits superflus; Et de vos ennemis vous ne vous plaindrez plus.

Sire, excusez encor ma sombre défiance, Ce fruit amer de l'âge et de l'expérience : Que votre cœur m écoute. Il semble que ma voix Se fait entendre à vous pour la dernière fois. Le trône où vous régnez est entouré de pièges , De guerriers corrupteurs, de prêtres sacrilèges. O mon roi ! pensez-y ; profitez des instans : Hélas ! demain peut-être il ne sera plus tems.

LE CARDINAL

C'est ainsi qu'à la haine un guerrier s'abandonne! Un pontife outragé le plaint et lui pardonne.

l'amiral.

Qui ? vous me plaindre ! O ciel ! vous , m'oser pardonner ! Un tel excès d'injure a de quoi m'étonner. Quant à moi, je ne puis vous pardonner vos crimes. Toujours les protestans ont été vos victimes; C'est vous qui réclamiez, pour soumettre les cœurs, Le secours des bourreaux et des inquisiteurs ; C'est vous qui menaciez du plus honteux supplice De malheureux sujets qui demandaient justice; Vous, enrichi des pleurs et du sang des Français, Comblé tout à la fois de biens et,^e forfaits. Sire, j'ai désiré de sauver votre empire; Mais à le renverser je vois que tout conspire. Sur une Cour perfide ouvrez enfin les yeux, Et craignez, craignez tout de ce sang odieux :

35o CHARLES IX.

Voilà les ennemis du trône et de la Fiance. Si vous ne les chassez loin de votre présence, Si vous ne les chargez de tout votre courroux , Ces niéchans, croyez-moi, perdront l'Etat et vous.

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