SUR LES TROUBLES DU MIDL
séance du 29 vendémiaire an IV (21 octobre 1795, vieux style)i
Citoyens-Repp.ésentans,
c'est au moment où la Convention nationale^ toujours en guerre avec les factions, et toujours victorieuse, vient de terrasser dans l'intérieur les agens de la Royauté , qui voulait se relever du sein des ruines; c'est au moment où elle va terminer le cours de ses glorieuses et pénibles séances qu'il appartient à son caractère, qu'il est de sa dignité de se prononcer avec énergie contre les assassins royalistes qui ont ensanglanté plusieurs contrées de la République. Elle se doit encore à elle-même de ne point laisser dans un poste qu'ils ont déshonoré des administrateurs et des juges dont la coupable insouciance a négligé de
OEuvres anciennes. V. 20
3o6 CONVENTION NATIONALE.
punir ies attentats des meurtriers. Ce n'est pas lie la commune de Lyon seulement que les Comités de Salut public et de Sûreté générale, qui m'ont choisi pour leur organe, viennent aujourd'hui vous entretenir. Je dis plus : à l'époque où nous sommes, le calme paraît entièrement rétabh dans cette importante commune; et le décret que vous avez rendu le 6 messidor a sauvé le département du Rhône ^
Il ne s'agit pas même exclusivement du Midi, quoique cette belle partie de la République ait vu se développer d'une manière effrayante les vengeances des Royalistes. Oui, c'est là, c'est dans ces régions méridionales, où les caractères, plus ardens, se laissent entraîner sans peine au cours orageux des révolutions, qu'a commencé d'éclater la vaste conspiration qui menaçait la Patrie. Mais il est trop vrai, Représentans, et je frémis de vous le dire, il est trop vrai que le mouvement électrique imprimé dans le Midi a fait sentir dans d'autres contrées ses commotions rapides et cônvulsives. Long-tems a plané, presque sur la France entière, ce drapeau sanglant et funèbre qu'agitaient l'esclavage et le fanatisme, et que les Républicains unis à la Représentation nationale ont déchiré de leurs mains triomphantes dans la journée du 1 3 vendémiaire.