HYMNE A L'ETRE SUPRÊME
La courrière des nuits, perçant de sombres voiles, Traîne à pas inégaux son cours silencieux; Tu liii marques sa route; et d'un peuple d'étoiles Tu semas la plaine des cieux.
Tes autels sont épars dans le sein des campagnes, Dans les riches cités, dans les antres déserts, Aux angles des vallons, aux sommets des montagnes, Au haut du ciel , au fond des mers.
Mais il est pour ta gloire un sanctuaire auguste. Plus grand que l'empyrée et ses palais d'azur! Dieu lui-même, habitant le cœur de l'homme juste, Y goûte un encens libre et pur !
Dans l'œil étincelant du guerrier intrépide En traits majestueux tu gravas ta splendeur; Dans les regards baissés de la vierge timide Tu plaças l'aimable pudeur.
Sur le front du vieillard la sagesse immobile Semble rendre avec toi les décrets éternels; Sans parens, sans appui, l'enfant trouve un asyle Devant tes regards paternels.
36G HYMNE
C'est toi qui fais germer dans la terre embrasée Ces fruits délicieux qu'avaient promis les fleurs; Tu verses dans son sein la fertile rosée Et les frimats réparateurs;
Et, lorsque du pruitemps la voix enchanteresse Dans l'âme épanouie éveille le désir, Tout ce que tu créas, respirant la tendresse. Se reproduit par le plaisir.
Des rives de la Seine à l'onde hyperborée, Tes enfans dispersés t'adressent leurs concerts ; Par tes prodigues mains la Nature parée Bénit le Dieu de l'univers.
Les sphères parcourant leur carrière infinie , l^es mondes , les soleils , devant toi prosternés , Publiant tes bienfaits, d'une immense harmonie' Remplissent les cieux étonnés.
Grand Dieu! qui sous le dais fais pâlir la puissance. Oui sous le chaume obscur visites la douleur. Tourment du crime heureux, besoin de rinnocence. Et dernier ami du malhenr!