‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiquesChapitre 132 sur 145 · RYNO · texte numérisé non relu

RYNO

Le milieu du jour est tranquille :

On n'entend plus gronder la tempête et les vents; On voit voler dans l'air les nuages flottans; Et de l'astre du jour la lumière mobile Dore les monts voisins de ses rayons tremblans.

Fougueux torrent ! j'aime à t'entendre Rouler dans le vallon tes bondissantes eaux; Ton murmure me plaît. J'entends des sons plus beaux ; Fais silence avec moi : c'est la voix douce et tendre Du solitaire Alpin, pleurant sur les tombeaux.

Il est appesanti par l'âge; Des pleurs baignent ses yeux. Noble enfant des concerts! Pourquoi , seul sur les monts silencieux , déserts ,

4o4 CHANTS IMITÉS D'OSSÏAN.

Gémis-tu, comme un flot mourant sur le rivage, Ou comme en la forêt le souffle des hivers ?

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