SUR L'ASSEMBLÉE DES NOTABLES
« Du Gange et de ITiidus vont chercher les trésors.
« Je vois par cent canaux circuler l'abondance ;
« Cent hospices s'ouvrant aux maux de l'indigence.
« Laisse penser, écrire; entends la vérité.
« Permets que de Tliémis la sage austérité
« Abjure enfin des lois que dicta le délire,
« Et que l'or sans pudeur n'ait plus le droit d'élire.
« Détruis ce jeu royal ouvert aux citoyens ,
« Ces impots du hasard qui dévorent leurs biens;
c< Crains le dédale obscur de tant de mains avides
«^ Où vont, loin de tes yeux, s'égarer les subsides;
te Crains l'amas effronté de ces valets de rois ,
« Bien payés pour remplir d'inutiles emplois :
c( Apprends que, tôt ou tard, cette pompe insultante
« Amène des États la ruine éclatante.
« Toujours, pendant son règne, un monarque flatté
c< Entend bénir son nom de la postérité;
« Mais , à ce tribunal dès qu'il vient de descendre ,
« Trop souvent le mépris accompagne sa cendre ;
« Et , dans soixante rois de leur siècle adorés ,
« Je cherche en vain dix noms par le tems consacrés.
« Mais le plus beau laurier, immortelle conquête,
« De ces rois-citoyens couronne encor la tête.
« Obtiens par tes vertus ce laurier généreux.
t( Que des prisons d'Etat les fondemens affreux ,
« Démolis, écroulés, à des lois équitables
« Réservent le pouvoir de punir les coupables ;