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i48 LE DOCTEUR PANCRACE.
Jjiii dit : « Rraves badauds, slffloz-moi si j'ai tort; (( Mais pour vous escroquer ces co({uins sont d'accord; « Je vous les garantis de grands hommes de foire. » Tout fut dit : l'on brisa leurs boutiques de gloire. Je vois, cher co-penseur, vos sourcils se froncer: Sur ce fait à loisir il faudra co-penser.
LE DOCTEUR PA N C R A. C E , d'un ton très-auguste.
Jeune homme! et c'est ainsi que l'honneur vous anime!
Après un long espoir quel ton pusillanime!
Du nom de Montesquieu n'êtes-vous plus jaloux?
Gille, qui n'est pas moi, Pierrot, qui n'est pas vous^
Peuvent-ils inspirer ces frayeurs enfantines?
Votre esprit s'endort-il au milieu des ruines ^ ?
J'osai vous accorder sur vos premiers écrits
Des lettres de grand homme au Journal de Paris;
Je m'écriai, charmé de votre noble audace,
« Je serais Adrien si je n'étais Pancrace : »
Et quand, par mon appui, vous marchez mon égal;
Quand Lémerer en vous reconnaît son rival,
Lémerer, éditeur et seul propriétaire
Des célèbres journaux imprimés sous Tibère;
Assiégé tout à coup de soupçons ennemis.
Vous fuyez les honneurs qui vous furent promis!
Ah! ne résistez plus à votre destinée.
Imprudent! chaque aurore avance la journée
Qui du jeune Adrien doit faire un sénateur;
, 1. Voyez les notes sur ctite satire, pajçe i53.
Le lendeiiiaiii verra Paiierace direeteur;
Lacretelle l'a dit: s'il paraît un peu bête,
C'est qu'il parle avec poids et du ton d'un prophète.
O mon fds, mon élève... ou mon maître en jargon,
Profond comme un jeune homme, et chaud comme un barbon ,
Caressant tous les jours t'a morgue didactique,
Si j'ai fait à plaisir un Cotin politique,
Deviens plus grand que moi pour me récompenser!
Vainement les sifflets osent nous menacer;
Affirmons et crions: les badauds sont crédules;
Sous un large manteau cachons nos ridicules;
Gardons-nous de jaser de Gille et de Pierrot :
Ces noms nous resteraient; on nous prendrait au mot.
Si chacun rit de nous, jurons de n'en pas rire.
De nous vanter l'un l'autre, et même de nous lire;
Pour l'amour de la gloire il faut faire un effort.
ADRIEN, touché jusqu'au larmes.
J y consens, cher docteur;... mais lire est un peu fort.