SUR L'ASSEMBLÉE NATIONALE
Dans l'édition de 1789, l'ode commençait ainsi:
Toujours battus des vents , assièges par l'orage , Durant la sombre nuit les Français e'garës,
Courant de naufrage en naufrage
Perdaient leurs droits les plus sacrés.
Par le choc éternel des passions contraires , Des préjugés rivaux et des lois arbitraires, Le sein de notre empire est encore agité ;
Mais, vainqueur des noires tempêtes,
Bientôt va briller sur nos têtes Le jour de la justice et de la liberté.
Aux généreux accords , etc.
J^age 3o5 , deuxième strophe.
Au lieu de
Peuples, rendez hommage, etc.
I. Dans lu prcmiève édillon, publiée en 1789, ce pot-iue l'ut imprimé sons le nom de Dithyrambe. Depuis, Chénier juyea plus convenable de lui donner le titre d'Ode: c'est sous cette dernière dénomination qu'il le ïtl imprimer dans son recueil in-i8 de l'an V. (Nor<- de l'Editeur.)
VARIANTES. 3oç)
il y avait :
Les sublimes vertus et les dons du génie, Sur des mortels choisis versés à pleines mains,
Par une distance infinie
Les ont séparés des humains.
L'existence ordinaire , etc.
Page 3o6, strophes troisième et suivantes. Au lieu de
Opprimés comme vous, comme vous, etc. etc.
il y avait :
Asservis comme nous , comme nous , d'âge en âge , Sous un sceptre insolent les Anglais abattus
N'avaient qu'un stérile courage
Et d'insuffisantes vertus.
Leurs destins ont voulu qu'un monarque imbécile Au sein de nos remparts vînt chercher un asyle ; La nation quittée a reconquis ses droits;
Et déjà , depuis cent années ,
Dans ses campagnes fortunées L'abondance a fleuri sous l'ombrage des lois.
O Franklin! Washington! grands compagnons de gloire, O vous ! à qui la Grèce eut dressé des autels ,
Vous ! à qui la sévère Histoire
Paîra des tributs immortels, Je ne m'enivre point d'un espoir chimérique : La liberté qui luit aux champs de l'Amérique Éclaira près de vous les regards des Français ;
Et bientôt des récits fidèles
Vont annoncer à nos modèles Les fruits de leur exemple et nos heureux succès.
3îo VARIANTES.
Le llusse cl l'Ottoman , l'Afrique plus grossière , Presque tous les humains, sous le joug abrutis, Au sein d'une antique poussière Baissent leurs fronts anéantis.
Tout sera libre un jour, etc.