I. rùirabeuu naquit à. Marseille ca i7.'i
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De noire liberté naissante
Je vois les ennemis vaincus.
Le despotisme en vain conspire;
Le peuple ressaisit l'empire
Aux accens d'un nouveau Gracchus.
Sur une scène encor plus belle, Au nom du peuple et de la loi, Je l'entends, plein du même zèle.
Répondre à l'esclave d'un roi; Je vois son courage intrépide Dénoncer à ce roi perfide Les crimes de ses favoris ; Lorsque des héros mercenaires, Dans leurs exploits imaginaires.
Menaçaient les murs de Paris.
Silence! organes de l'envie; N'outragez plus notre soutien:
Songez que la France asservie A vu Mirabeau citoyen.
De ses vertus républicaines, Les fers, les cachots de Yincennes, N'ont point abattu la fierté :
C'est là que son malc génie.
Sous la main de la tyrannie, Fondait de loin la liberté.
SUR LA MORT DE MIRABEAU. Sai
Couvre-toi d'un voile funèbre, Témoin de ses brillans succès, Tribune, que rendit célèbre Le Démosthène des Français!
La France, mère inconsolable.
Perdant un fils irréparable, A pris les vêtemens du deuil; Et puissent des honneurs si justes Consoler ses mânes augustes Dans le silence du cercueil !
Adoptez ces lugubres marques , Français qui chérissez les lois !
On porte le deuil des monarques; Un seul grand homme vaut cent rois^ Ce Franklin, qui dans l'Amérique Fit régner la raison publique, Au monde était plus précieux Que tous ces princes dont la gloire Expire et s'éteint dans l'histoire, Dès qu'on leur a fermé les yeux.
En vulgaires humains féconde, La Nature, à tous les instans.
Sème en foule au milieu du monde Des esclaves et des tyrans; Mais, quand l'argile qu'elle anime
Œuvres anciennes. III, 2 I
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Enveloppe un esprit sublime, Et le cœur altier d'un héros, Son sein, qu'un tel effort accable, N'enfante un prodige semblable Qu'après un siècle de repos.
Jour d'épouvante! heure suprême^!
Du peuple l'immortel appui
Expire au sein du peuple même.
En s'occupant encor de lui.
La douleur le trouve impassible:
D'un front serein, d'un œil paisible
11 envisage son trépas;
Et son âme ferme et sublime
S'agrandit en voyant l'abîme
Qui vient de s'ouvrir sous ses pas.
Des pontifes langage austère.
Mortels apprêts, pieux tourmens, Mirabeau va quitter la terre.
Epargnez ses derniers momens.
l'iiyez son vénérable asile.
1 . Mirabeau mourut à Paris, on 1 791 , clans la rue de la Cli;iu: séc-d'Antii! u\\ il doinourail, (t à la(ji!C'l!c on donna son nom.
SUR LA MORT DE MIRABEAU. 3a3
Préjugés d'un âge imbécile; Fuyez, mensonges révérés, Que la frayeur de nos ancêtres, L'avarice et l'orgueil des prêtres, Avaient si long-tems consacrés!
Au fond de la nuit éternelle , Parmi les ombres descendu.
Il voit la douleur solennelle Des citoyens qui l'ont perdu.
Paris et la patrie entière Vont, dans sa demeure dernière, Déposer le grand Mirabeau.
Ses restes, que le peuple adore.
Il les voit triompher encore Et des tyrans et du tombeau.
La France a-t-elle , avant notre âge , Honoré ces mortels divins Dont l'esprit est un héritage Recueilli par tous les humains?
Ils mouraient : leur cendre sacrée.
Par l'amitié seule entourée.
Marchait vers le funèbre lieu; Tandis qu'une pompe insolente Accompagnait l'ombre sanglante D'un Louvois ou d'un Richelieu.
Liî.
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Du fanatisme étrange exemple!
Opprobre d'un siècle si beau!
A Sulpice on élève un temple; Voltaire est presque sans tombeau!
Mort, il clierclie encore un asile; Un ordre des tyrans exile Ses vains et précieux débris ; Et, dans leur stupide colère, De sa dépouille tutélaire Ils ont déshérité Paris.
Des grands hommes de la patrie Nous verrons les mânes un jour, Famille imposante et chérie.
Habiter un commun séjour.
Tel, au milieu des sept collines, S'élevait sous des mains divines Ce temple superbe et vanté Où, par la piété romaine.
Dans les murs de la cité reine, On vit l'Olympe transporté.
Ennemis de la tyrannie.
Visitez ces augustes lieux; Vertu, raison, talens, génie.
Voilà vos patrons et vos dieux.
Souvent la nation nouvelle.