DES CENDRES DE VOLTAIRE
Il cherche en vain ces tours, cet enfer cki génie, Dont son aspect deux fois fit le temple des arts; La Bastille est tombée avec la tyrannie Qui bâtit ses triples remparts.
Il voit ce champ de Mars, où la liberté sainte De son trône immortel posa les fondemens; Des Français rassemblés dans cette auguste enceinte Il reçoit les seconds sermens.
Le fanatisme impur, cette sanglante idole, Suit le char de triomphe avec des cris affreux; Tels Emile ou César, aux murs du Capitole, Traînaient les rois vaincus par eux.
Moins belle fut jadis sa dernière victoire , Lorsqu'aux jeux du théâtre un peuple transporté, A ce vieillard mourant sous le poids de la gloire, Décernait l'immortalité.
La Barre! Jean Calas! venez, plaintives ond:>res, Innocens condamnés, dont il fut le vengeur: Accourez un moment du fond des rives sombres ; Joignez -vous au triomphateur.
35o HYMNE SUR L\ TRANST.ATION
ChaïUez, peuples pasteurs, qui des inouts helvétiques Vîtes long-terns planer cet aigle audacieux; Habitans du Jura, que vos accens rustiques Portent sa gloire jusqu'aux cieux.
Fils d'Albion, chantez; Américains, Bataves, Chantez ; de la Raison célébrez le soutien ; Ah! de tous les mortels qui ne sont point esclaves Voltaire est le concitoyen.
Vous, peuples, qu'en secret lasse la tyrannie, Chantez : la liberté viendra briser vos fers ; Sa main dresse en nos murs un autel au génie : C'est un beau jour pour l'univers.
Dieu des dieux, roi des rois, nature, Providence, Etre seul immuable et seul illimité, Créateur incréé, suprême intelligence.
Bonté, justice, éternité:
Tu fis la liberté; l'homme a fait l'esclavage: \Tais souvent dans son siècle un mortel inspiré, Poui' les siècles suivans, de ton sublime ouvrage (Conserve le déj)ot sacré.