LETTRE XXXVI
Il écrit à une personne sur la mort d'un de ses enfants.
Nous sommes dans l'octave des saintes tendresses des parents envers leurs enfants, ce qui m'oblige de vous témoigner les sentiments que j'ai portés, apprenant l'état où vous étiez. Je vous conseille ne vous aller délasser pour quelques jours à la campagne ; et, en attendant votre retour, je vous supplie d'unir votre douleur avec les saintes larmes de la très-sainte Vierge et avec la douleur de saint Joseph, qui souffraient pour l'absence et l'éloignement de leur très-clierenfant. Et souvenez-vous que Notre- Seigneur sacrifiait, de son côté, les sentiments et les tendresses raisonnables du plus saint et du plus cordial enfant du monde, parce qu'il regardait les intérêts de Dieu son Père, qu'il préférait aux sentiments et aux tendresses de la nature humaine. Ma très-chère Fille, j'ai été sur le point d'aller chez vous, afin d'apporter quelque tempérament à l'excès de la douleur et de la peine" qui vous ont pressée ces jours-ci; mais j'ai cru pour plusieurs raisons qu'il valait mieux attendre votre retour. Je vous supplie cependant de croire que je suis plus que jamais vôtre en Notre-Seigneur Jésus et en sa sainte .Mère. C'est le chétif et très-indigne serviteur de Jésus en Marie.
rFS DE M. OLIER. 780