XXXVI. Fadem non exigat a singulis
Sa-pe namque aliis ofpciunt quœ aliis pro-
sunt. (S. Greg., Past., part, m.)
XXXVII. Quibus supersunt vires corporis, môrtificationeni externam, quibus vero desunt, internam potissimum inspirât.
XXXVIII. Aliter cuin incipientibus, aliter cum proficientibus, et ad perfectionemaspirantibus, jatn dudumque tendentibus se gérât.
Non una eademque exhortatio cunctis congruit. (S. Greg. Naz., Pastor., part. m. )
Jgnoscendum in aliquibus eis qui incipiunt, in quibus non ignoscendumiis qui profit- iunt : rursumque proficientibus in quibusdam ignoscitur, in quibus non ignoscitur perfectis. (S. Bern., De vit. solit.)
XXXIX. Infirmis compatiatur, medeaturque quantum poterit, nibil tamen iuknortitieationi tribuens.
Factus sum infirmis infirmus. ( / Cor. ix, 22.)
XL. Interius patientibus pœnam vix unquam addat, nisi experientia ei innotescat id exigere Spiritum sanctum respectu talis personœ.
Afflicto affliclio non est addenda, imo potius ipsius miseriœ miserandum. ( S. Cllm., extrav. De clero œgrot.)
XLI. Operationem jugem talibus, vel orationem, secundum eorum gratiam consulat.
Duabus enim alis islis homo ad Deum sublevatur. (Imit. Christi.)
XLII. Ex se vel ex propriis viribus, alios ne commensuret, lam in coruoralibus, auatn in spiritualibus.
Tanquam parvulis in Chrislo, laevobis polum dedi, non escam. (I Cor. m, 2.)
XL1II. Juvenibus mortitic.ationem et temperantiam, senibus humilitatem prœcipue et prudeutiam insinuet.
Juvenes hortare ut sobrii sint, senes prudentes, sani in fide, in dilat'wne, in patientia. (Tit. a, 6. )
XLIV. Seniorem tamen ne increpaveris, sed obsecra ut patron. (I Tim. y, 1.)
AVIS SAUTA1RES Al\ fflSBTRES DU SHGMIR.
I. Yitœ ordincm obserrate. — Si vous observez un bon règlement de vie fidèlement et par amour pour le Seigneur, vous avez tout à espérer, vous vivrez pour Dieu. Mais si vous n'avez point de- règlement, ou si vous n'êtes pas fidèles à l'observer par des vues de foi, autant que les circonstances le permettent, vous avez tout à craindre pour votre salut; ce n'est pas pour Dieu que vous vivez.
II. Deum amate. — Si vous ne pouvez pas dire à chaque instant comme saint Pierre : Seigneur, vous savez que je vous aime, vous n'avez pas le cœur d'un vrai Chrétien, d'un digne ministre. Vous avez étudié les perfections de Dieu qui est l'être infiniment parfait; c'est par amour qu'il vous a si spécialement favorisés ; vous devez par état ne rien négliger pour le faire aimer, et vous ne l'aimeriez pasl
III. Christum in vobis formate. ■ — Vous êtes ministres de Jésus-Christ, vous le représentez partout, mais principalement dans la chaire de vérité, au tribunal sacré et au saint autel ; vous le portez si souvent en vous-mêmes. 11 est donc absolument nécessaire que vous exprimiez ce divin modèle dans vos mœurs, dans toute votre conduite. Soyez son Evangile vivant ; vivez de telle manière que vous puissiez dire aux fidèles : Soyez mes imitateurs comme je le suis de Jésus-Christ. (I Cor. xi, 1.)
IV. Mariam, anijelos et sanctos colite. — Ayez pour Marie une dévotion bien éclairée, bieii solide et bien tendre. Elle est Mère de Dieu; Jésus-Christ vous l'a donnée pour mère ; c'est surtout par son canal que le Seigneur vous a comblés de grâces. Appliquezvous à faire saintement les prières que vous récitez en son honneur. Dites souvent aux personnes que vous dirigez et à celles que vous instruisez: Honorez, aimez, invoquez et imitez Marie. Honorez aussi les saints et surtout vos saints patrons , les anges, et surtout votre ange gardien. C'est une pratique bien salutaire de voir des yeux de la foi l'ange gardien de ceux avec qui ou converse, et de les recommander à ses charitables soins.
• V. Pietattm fovete. — Soyez animés de l'esprit de religion; vous êtes consacrés à Dieu, vous devez être de perpétuels adorateurs en esprit et en vérité : c'est toujours avec religion que vous devez faire tout ce qui appartient à la religion, comme les génuflexions, les inclinations, les signes de croix... Ne voyez jamais aucun crucifix, ni aucun autre objet de dévotion, sans faire intérieurement un acte de piété.
VI. Oralionï instate. — Qu'il n'y ait aucun jour où vous ne donniez à l'oraison tout le
temps prescrit par votre règlement particulier. L'oraison est la nourriture de l'âme'; votre âme n'a pas moins besoin de cette nourriture spirituelle que votre corps du pain matériel. Lorsque vous n'aurez pu faire votre oraison dès le matin, temps le plus propre à cet exercice, suppléez-y dans la journée le plus tôt qu'il vousserapossible.il n'est point d'exercice plus saint, plus utile, plus nécessaire pour un ministre du Seigneur. Celui qui est animé de l'esprit de l'oraison est déjà h la porte du ciel, et il y fera entrer un grand nombre d'âmes. Mais un prêtre qui ne fait pas oraison est déjà sur le bord du précipice infernal ; et que d'âmes il perdra 1
VII. Peccatum timele. — Craignez et fuyez le péché plus que la mort, c'est le souverain et unique mal ; c'est le mal de Dieu dont il outrage les perfections , de Jésus-Christ dont il rend inutiles les souffrances, du Saint-Esprit qu'il chasse des cœurs, et de la créature qu'il rend digne d'un malheur éternel. Souvenez-vous qu'il faut fuir les occasions du péché comme le péché même, et que ce qui n'est qu'une faute légère dans un simple Chrétien est souvent un crime dans des prêtres qui doivent brûler de zèle pour détruire lé péché dans les cœurs.
VIII. A mundo cavete. — N'aimez pas le monde, fuyez-le; vous devez en inspirer de l'horreur aux simples fidèles. N'entrez point en société avec ceux qui aiment le monde; Jésus-Christ l'a foudroyé de ses anathèmes. Le monde est plein de scandales ; que d'apostats ne fait-il pas chaque jour parmi les christs du Seigneur 1 Ne conversez point sans raison même avec des femmes vertueuses , et quand vous êtes avec elles, qu'il y ait toujours quelqu'un qui puisse être alors témoin de votre grande modestie. Hâtez-vous de terminer des conversations qui deviennent dangereuses quand elles sont inutiles. Eussiez-vous été toujours trèschaste , vous n'êtes pas plus saint que David, plus fort que Samson, plus sage que Salomon.
IX. Ad solitudinem aspirate. — Ayez de l'attrait pour la solitude, et lorsque vous ne pouvez y être réellement, soyez-y de cœur. O heureuse solitude, ô ma seule béatitude 1 s'écriait un digne ministre de Jésus-Christ: le ciel y est bien plus serein, le soleil plus brillant, l'air plus pur, la terre plus féconde, le temps mieux employé, la vie plus douce, la conversation avec Dieu plus délicieuse et le salut plus en sûreté.
X. In periculo salutis nunquam manete. — Un prêtre dans l'état du péché, quel abominable désordre! Ah I si vous avez le malheur d'y tomber, ne ferez-vôus pas aussitôt de
P1ETAS SEMINARH.
généreux efforts pour vous tirer aes portes de l'enfer? L'enfer des pécheurs du siècle n'est que l'ombre île celui des ministres prévaricateurs. Ne différez pas de vous repentir, de vous punir, et d'aller à la piscine salutaire vous laver dans le sang de Jésus- Clirist, afin de vous préserver du péché ; fuyez les occasions d'être tentés; préparezvous aux tentations inévitables par la vigilance et la prière. Dans le temps de la tenlation combattez en digne soldat de Jésus- Christ, résistant avec force à l'ennemi du saint avec les armes invincibles de la foi.
XI. Animarum saluti,ac prœsertim vestrœ incumbite. — Un prêtre est établi pour les hommes. 11 ne peut ni périr seul, ni se sauver seul. Ministre de Jésus-Christ, brûlez de zèle pour la sanctification des âmes. Ah! si vous connaissiez bien ce que vaut une âme rachetée avec le sang d'un Dieu, que vous vous estimeriez heureux de donner votre vie pour le salut de vos frères à l'exemple du lion Pasteur 1 Mais que vous servirait de gagner au Seigneur le monde entier si vous veniez à perdre votre âme? Souvenez-vous que plus vous travaillerez avec ferveur à votre salut, plus le zèle avec lequel vous travaillerez à celui des autres sera efficace.
XII. In sacramentorum adininistratione bonos dispensatores vos prœstate. — Soyez de dignes dispensateurs des sacrements ; et,
à cet effet, faites bien attention à tout, afin de ne manquer à rien de ce qui est prescrit. Considérez de plus la grandeur du Dieu dont vous êtes le ministre , afin de le glorifier; à quel prix Jésus-Christ a racheté celui à qui vous administrez les sacrements, afin d'animer votre zèle pour sa sanctification; quels sont ceux qui ont les yeux arrêtés sur vous, afin de les édifier par les dehors d'une religion profonde. Voyez enfin si les sentiments de votre âme répondent à la sainteté de ce que vous faites : la malédiction est portée contre celui qui l'ait l'œuvre de Dieu négligemment , et le Seigneur est prodigue des bénédictions célestes envers les ministres fidèles qui font saintement les choses saintes. Avant d'entrer dans le sacré tribunal pout exercer le pouvoir divin de remettre les péchés, humiliez-vous toujours profondément, gémissez amèrement sur vos propres péchés, et implorez avec ferveur le secours du Ciel. k\\\ que le ministère qui vous est confié est redoutable 1 Souvenezvous qu'il faudra faire l'office d'un juge trèsintègre , d'un médecin très-prudent, d'un père très-tendre, d'un pasteur très-charitable. Que celui que vous choisirez pour votre guide soit tel. Voyez-le ordinairement chaque semaine; plus votre conscience sera pure, plus vous serez propres à purifier la conscience des autres.