‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 71 sur 394 · PREMIER ^'EBCICE POUR LE RÉVEIL · texte numérisé non relu

PREMIER ^'EBCICE POUR LE RÉVEIL

De même "f0* 'e j°ur du Chrétien est une ima^eiiè iTM vie. ainsi la nuit lui doit être une itafeji**l(J« sa mort. C'est pourquoi Notre- Sotgffciu- parlant de sa mort, disait en l'E- ««àgi1 *-a ni"t vient, en laquelle personne n : |i>iit travailler.

v^e soir en nous couchant, nous avons dû 4e%Kjrder notre lit comme un tombeau où notre corps est mis en dépôt en attendant la résurrection du matin. Et comme la mort des Chrétiens ne peut être une attente de la résurrection qu'en la mort de Jésus-Christ, nous avons dû regarder notre lit dans la foi comme le tombeau même du Fils de Dieu, dans lequel nous nous reposons pour nous lever le lendemain dans un esprit de joio avec Jésus-Christ ressuscité.

Notre-Seigneur disait d'un grand cœur, en se levant de son tombeau : Ego dormivi, et soporatus sum, et exsurrexi. (Psal. m, 6.) J'ai dormi et me suis reposé de mon travailen mon tombeau: après je me suislevéen ma résurrection pour honorer mon Père et pour le glorifier en tout moi-même : Cor meum et caro mea exsultaverunt in Deumvivum. (Psal. lxxxhi, 3.) Ma chair, désolée sur la terre en ma première vie, est entrée par ma résurrection dans la joie de mon • cœur et de mon intérieur, pour honorer et pour louer Dieu mon Père : Omnia ossa

mea dicent : Domine, guis similis tibi? (Psal. xxxiv, 10.) Mes os, qui étaient insensibles et muets en mon tombeau, étant devenus tout esprit par l'opération d'une vie nouvelle, seront en louange pour Dieu, aussi bien que mon âme animée du Saint-Esprit.

Ce doivent être là nos dispositions en nous éveillant le matin ; nous devons, comme Jésus-Christ, avoir une souveraine joie pour la nouvelle vie que Dieu nous donne tn ce jour en nous retirant du tombeau du sommeil, afin de l'honorer, le servir et le glorifier par tout nous-mêmes. Il ne veut pas qu'il y ait rien en nous qui ne le serve et qui ne travaille à sa louange pour obéir à ses desseins, usant de la grâce que son Fils nous a méritée pour passer saintement cette journée à la gloire de Dieu.

Disons donc en nous levant le matin ces mêmes paroles du Fils de Dieu réveillé de la mort : Ego dormivi et somnum cepi, et exsurrexi. J'ai dormi et j'ai pris mon sommeil dans le sépulcre de mon lit, après quoi je me suis éveillé.

Nous pouvons encore dire à Dieu ces paroles de Notre-Seigneur -• Cor meum et caro mea exsultaverunt in Deum vivum : Mon esprit et ma chair sont en joie d'avoir encore ce jour pour vous servir et pour vous honorer. Omnia ossa mea dicent : Domine, quis similis tibi? Je me donne à votre Esprit, ô mon Dieu, pour vous louer par lui en tout moi-même.

Si nous voulons, nous pouvons encore dire ces autres paroles île Jésus-Christ ressuscité: Dcus, Deusmeusad te de luce vigilo. Sitivit in te anima mea, quam multipliciler tibi caro mea. (Psal. lxii, 2.) Je veux penser à vous, mon Dieu, et me donner à vous dès le premier moment de cette journée et de cette nouvelle vie; oh 1 que j'ai eu soif de vous, mon Père, dans le temps de mes sécheresses et des langueurs de ma vie mourante 1 Combien plus de sujet avait ma chair de soupirer après vous. C'est en cette manière qu'il nous faut désirer le beau jour de l'éternité, représenté par le nouveau jour que Dieu nous donne.

Et pour entrer en ressemblance fidèle de Jésus-Christ en sa résurrection, qui s'éveilla par obéissance à la voix de son Père, ayons une personne qui nous réveille soigneusement en un temps arrêté, écoutons sa voix comme la parole de Dieu qui nous réveille. Ce sera une obéissance anticipée et qui devancera celle que nous rendrons au jour de la résurrection générale, où tous les hommes se lèveront de leurs tombeaux au premier signe et à la première voix de l'archange , qui sera l'expression du Verbe , en qui le Père doit parler ce jour-là à toutes les créatures. Et c'est de

LA JOURNEE CHRETIENNE. — PARTiE H.

quoi nous avons tous Iss jours des modèles dans les communautés bien réglées, où l'on voit au premier coup de cloche cent et deux cents personnes se lever'tout d'un temps de leur lit, avec une fidélité merveilleuse.

D'abord donc que nous serons éveillés, après les sentiments de joie quenous venons d'exprimer, il faut consacrer notre lever à la résurrection de Jésus-Christ, et nous donner à lui pour entrer intérieurement en toutes les dispositions de sa vie nouvelle. Il nous faut vivre en la conduite de cet esprit de vie, qui nous montre par la foi les choses éternelles,etquinousenimprimeramouravec le mépris des choses temporelles, pour n'en user qu'avec dégoût et pour n'y prendre plus de complaisance.

Il faut encore nous abandonner à cet esprit de Jésus-Christ, qui est en nous comme Chrétiens, afin qu'il nous animeet nousdirige en tout pendant celte journée , nous faisant renoncer en même temps à tous les mouvements de la vie de la chair, à laquelle nous devons faire profession d'être morts.

On doit croître tous les jours en dégoût de la vie présente, dont l'esprit de résurrection a un très- grand mépris et un entier éloignement. A mesure que l'esprit de Dieu vivra en nous, celui du monde et de la chair y doit mourir, selon les obligations de notre baptême, dans lequel nous devons nous renouveler tous les jours, travaillant à nous ensevelir en la mort de nousmêmes dans le tombeau de Jésus-Christ en nous mettant au lit, et à ressusciter ensuite a notre réveil en sa nouvelle vie. Les paroles de saint Paul nous instruisent de celte pratique: Nous sommes ensevelis, dit-il, avec Je'sus-Christ en la mort ; afin que comme il est ressuscite', nous marchions en la nouveauté de sa vie. (Rom. vi, 4.) Nous demeurerons donc en cet esprit du Fils de Dieu tout ce saint jour, pour n'agir qu'en sa lumière et en sa vie, renonçant incessamment à tout principe de chair, renonçant à toute raison humaine et à toute satisfaction des sens, et ne voulant pour conduite que la foi et l'amour, qui sont la participation de cette nouvelle vie, dans l'attente assurée d'une vie future consommée en la gloire d'un jour éternel.

Actes pour honorer, en se réveillant, la sainte Résurrection de Notre-Scigneur.

Je vous adore, Père éternel, source première de la vie des hommes.

Je vous remercie de tout mon cœur de nous avoir donné Notre-Seigneur Jésus- Christ comme source de vie avec vous (237), en le ressuscitant dans le tombeau et le déclarant votre véritable Fils et chef des hommes et des anges, auxquels il est commandé de lui rendre nommage en ce moment de sa résurrection. Et adorent eum omnes angeli Dei. (Hebr. i, 6.)

Je me réjouis avec vous, ô mon Seigneur Jésus, de vous pouvoir reconnaître comme

2r»0 de grâce

le principe de notre vie de nature, et de gloire.

Je nie réjouis de vous pouvoir regarder comme mon tout, et d'être obligé de dépendre absolument de vous. Je m'estime plus heureux de cette sainte nécessité et dépendance qui m'oblige d'être inséparablement attaché à vous, par toutes sortes de liens de corps et d'esprit , en la nature et en la grâce, que d'être monarque de tout le monde.

Je m'unis à tous les sentiments de joie, d'amour et de louange que les anges vous ont rendus en cet heureux moment; et pardessus tout, je consens et j'adhère intimement aux sentiments incomparables d'honneur et d'amour que la très-sainte Vierge eut pour vous en ce divin mystère.

J'adore, très-sainte Vierge, le Père éternel, vous remplissant des sentiments d'amour et de joie qu'il a eus pour son Fils eu le régénérant dans le tombeau, et vous donnant ainsi quelque part à sa paternité : de sorte qu'en ce jour de la résurrection vous avez pu dire en quelque manière à Jésus- Christ, par l'intime union que vous avez à la puissance et à l'amour du Père éternel : Filius meus es tu, ego hodie genui te. (Psal. il, 7.) Vous êtes mon Fils, je vous ai engendré aujourd'hui.

Sous la protection de votre sainte Mère, ô mon Seigneur Jésus-Christ, je m'unis intérieurement à vous, afin d'entrer en votre force et en votre lumière pour résister plus fortement aujourd'hui à la malignité de la chair, du monde et du diable, et pour opérer ensuite plus vivement dans la lumière de la foi, et en l'ardeur de votre sainte charité, pour la gloire de votre Père et pour le bien de votre Eglise.

Je vous demande très-humblement, mon Seigneur, par l'intercession de la très-sainlo Vierge, l'esprit de force et de ferveur que vous donnâtes à vos disciples après votre sainte résurrection, les confirmant dans la vie nouvelle que vous leuraviez méritée par votre mort : donnez-nous la grâce d'entrer dans l'imitation de leur vie en dépendance de ce divin mystère.

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