‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 74 sur 394 · ACTES POUR FAIRE DEVANT L'ÉTUDE · texte numérisé non relu

ACTES POUR FAIRE DEVANT L'ÉTUDE

J'adore la science éternelle que possède le Père, duquel toute lumière procède dans le monde : Omne donum perfectum , desursum est descendent a Pâtre luminum. IJac. i, 17.)

J'adore la science éternelle qui est dans le Père et qu'il verse en son Verbe de toute éternité.

J'adore encore la science de Dieu le Père dans le Fils, lequel se faisant homme l'a communiquée en plénitude a l'âme sainte qu'il a unie à sa très-sainte personne

J'adore tous les trésors de sagesse, de science, renfermés dans l'âme de Jésus- Christ, et répandus par son Esprit sur son Eglise.

J'adore les richesses divinesd'intelligence, de sagesse et de science, dont les apôtres

très-ignorants furent remplis parla descente du Saint-Esprit, et dont toute l'Eglise fut éclairée par eux : In omnibus divites facti estis in illo, in omni verbo et in omni scientia. (/Cor. i,5.)

Je vous conjure, Verbe divin, qui vous êtes incarné pour être notre maître (239), de vouloir ouvrir mon esprit à votre vérité et à vos saintes lumières.

Souffrez que je sois à vos pieds durant toute cette étude; afin que je reçoive quelque rayon de vous, ô mon Jésus, qui êtes mon soleil. Je sais bien, mon Seigneur, que je suis indigne de cette grâce à cause de mes péchés: mais au moins, souffrez-moi auprès de vous pour faire pénitence. Souffrez que je pleure à vos pieds l'aveuglement où m'a réduit le péché de mon âme.

Je dois être privé de toute lumière naturelle et divine, à cause de mon premier péché et à cause de ceux que j'ai commis après le baptême.

J'avais alors une sainte lumière, et les splendeurs que le Saint-Esprit communique aux fidèles par le baptême et en la confirmation ; et je les ai perdues par mon péché.

Vous voulez, mon Dieu, que la science se rachète par la peine et par le travail; mon Dieu, j'en suis content.

Vous voulez qu'on souffre et qu'on endure, qu'on veille et qu'on soupirent qu'on acquière avec travail cette viande intérieure qui nourrit notre âme, de même qu'on .se prépare la nourriture du corps par la sueur de son visage.

Vous avez mis, mon Dieu, cette douce substance de la sagesse dans des épines très-aiguës : vous avez mis cetalimentsous des écorces amères qu'il faut goûter avec affliction.

C'est pour nous faire gémir, mon Dieu, auprès de vous, pour nos péchés : c'est pour nous faire souvenir d'où nous sommes déchus, et pour nous obliger, mon Dieu , à demander miséricorde, et la grâce de recouvrer par votre Fils, dans le secours de son Esprit, lascienceet la lumière que nous avions perdues.

Mon Dieu, par votre Fils, qui est venu au monde réparer les désordres du premier homme; qui est venu par son Esprit nous rendre ce que nous avions perdu en Adam : faites-nous grâce, s'il vous plaît, et donneznous par miséricorde ce que vous nous avez ûté parjustice.

Mon Dieu, si je vous demande cette grâce et qu'elle soit selon votre volonté sainte, je ne la veux recevoir qu'à condition de vous servir.

Mon Dieu, je ne désire de lumière que pour avoir le moyen de vous connaître 'et de vous adorer, et de vous faire encore connaître et adorer dans votre sainte Eglise. Je renonce à la doctrine et à la science , si elle me doit jamais servir à autre chose.

Si je savais en faire un usage approchant

(239) Magister tester urnts est CMslus. (Mattli. xxm, 10.) Œuvres compl, ce M. Olier,

de celui de cet ange superbe pour sa science et sa lumière, je vous demanderais, ô inon Dieu, de n'en avoir jamais.

Je veux bien, ô mon tout, de la doctrine de Jésus-Christ, qui est la sagesse infinie; je veux ceUe doctrine qui le tient dans le sentiment de vérité et d'une reconnaissance ■que toute sa science lui vient de vous :Mea doctrina non est meu, sed ejus qui misit me. fjoan. vu, 16.)

Mon Seigneur Jésus-Clirist, ne me donnez point cette science qui enfle, mais répandez en mon âme cette science pleine d'amour et de respect, qui tienne mon esprit dans le sentiment d'une véritable humilité :Scientia in/lat, charitas vero œdifieat. (I Cor. vm, 1.)

Dans l'ignorance où je me trouve, et dans l'aveuglement d'où je confesse, mon Dieu, de ne pouvoir sortir que par votre lumière, si jamais j'avais la présomption d'être devenu savant par moi-même, serais-je pas bien malheureux! je serais alors plus aveugle que je ne le suis maintenant.

Je condamne et déteste tout sentiment contraire à la reconnaissance que je vous dois, queje ne suis qu'un pur aveuglement, qu'un chaos d'ignorance et de contusion, et que je n'en puis sortir que par un saint commandement, qui fasse en moi ce qui l'ut fait dans le chaos du monde ; fiât lux, que la lumière se fasse, et alors je serai hors de la confusion des ténèbres et de la nuit.

L'air ne doit pas se glorifier d'être le père de la lumière, ni moi de la science que vous me donnerez. L'air n'a pas droit de dire que la lumière lui est propre, et qu'elle lui appartient, puisqu'il ne jouit que par emprunt de celte lumière que le soleil lui ôte tous les jours en se cachant, et qu'il ne reste en lui que les ténèbres et la confusion.

Mon Dieu, je suis tout prêt, après avoir reçu le don de vos sciences, de m'en voir privé, s'il vous plaît, pour tout le temps que vous vomirez.

Faites-moi ressentir en tout temps ce que je suis et ce que vous êtes. Faites-moi confesser, par ces justes expériences, que vous êtes le maître de vos dons et de vos grâces.

Ils dépendent de vous, ô grand tout, comme les rayons dépendent du soleil, par une dépendance nécessaire.

Ils sont vôtres, ô mon Dieu, et ils le seront toujours, ô mon bien, quand il vous plaira de me les accorder ; car je suis tout à vous, et je ne veux jamais être un moment que pour vous seul. Je ne veux avoir d'être, de mouvement et de vie, que pour vous honorer et servir : Qui quarit gloriam ejus, qui misit eum, hic verax est, et injustitia in Mo non est. (Joan. vu, 18.)

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