‹ Œuvres complètes de M. Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-SulpiceChapitre 181 sur 303 · Première partie. — Préparation · texte numérisé non relu

Première partie. — Préparation

1" Mettez-vous en la présence de Dieu et dites avec Jacob : Vere Deus est in loco isto.

2" Renoncez à vous-même , et réunissez-vous à Jésus-Christ, afin que, selon le désir de saint Augustin, vous puissiez invoquer in veritateveritatem, id est , in Filio Patrem.

S" Invoquez le Saint-Esprit, et renoncez au vôtre. Seconde partie. — Corps d'oraison.

Premier poinj. Adoration. — Considérez avec quel zèle Notre-Seigncur Jésus-Christ travaille sur le Calvaire au salut de tout le monde, et avec quelle ardeur il en embrasse tous les moyens. U se sépare de tout, il se prive de tout, il souffre tout, et par là , il vous montre bien ce que vous devez faire pour le vôtre, et qu'il n'y a point de souffrance, point de tourment, point de violence , point de martyre qui vous doive empêcher d'en rechercher avec soin les moyens , et de les embrasser avec amour. Adorez, admirez, louez, bénissez, remerciez, aimez ce divin Sauveur , vous donnant un si digne modèle, et vous méritant les moyens de salut , et les grâces pour en faire un saint usage.

' Deuxième point. Communion. — Pour profiter de cet exemple, commencez tout de bon à rechercher, mais avec tous les soins possibles , tous les moyens de vous sauver, sans que les difficultt's vous en dégoûtent jamais, ni vous empêchent de le:. ;tioltrc

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en prarKiuo. Car 1" sans ces moyens vous ne vous sauverez jamais, el ce n'esl poinl assurément vouloir la lin . que de n'en pas prendre ni rechercher les moyens; c'est se tromper soi-même sous l'apparence de quelque simple velléité. Dira-t-on jamais qu'une personne veuille véritablement aller à Rome , qui ne veut pas connaître, ni prendre le chemin qui y conduit, et qu'un malade veuille la santé, qui ne recherche pas les remèdes qui la réparent? appliquez ceci à votre salut.

2° Ce qui vous oblige de rechercher ces moyens avec plus de soin , c'est que la plupart s'y trompent et s'y méprennent. Car, dans chaque état, il y a des moyens particuliers, mais pourtant nécessaires pour le salut. En effet autre est le moyen particulier de salut pour un ecclésiastique, autre pour un magistrat, autre pour un soldat ; et tel se damne dans une condition, qui se sauverait dans une autre. Or, pour l'ordinaire , et à moins que d'y faire une attention parliculière , on se contente des moyens généraux, et l'on se trompe et l'on se perd. La plupart croient qut ces moyens consistent formellement dans l'usage des créatures, et cependant ils cpnsistent principalement dans leur privation, puisque c'est là la différence entre l'homme innocent et l'homme «oupable : la jouissance des créatures était la voie de salut proposée à l'homme innocent , au lieu que leur privation est le moyen de salut pour l'homme pécheur. Chaque créature lui est un piège et un sujet de tentation ; et il faut qu'il arrive au ciel comme Jésus-Christ , par les séparations , les privations , les dépouillements , les sacrifices; et c'est en quoi, faute d'y penser, presque tous se méprennent. Enfin, dans l'usage même, on ne s'y règle pas par la volonté et le bon plaisir de Dieu.

5° Vous vous méprendrez vous-même si vous n'y pensez bien sérieusement, et si vous n'y pensez plus que les autres, car pourquoi vous y êtes-vous mépris jusqu'à présent? Pourquoi avez-vous cru que vous aviez besoin de telle et telle créature? pourquoi vous êtes-vous désespéré dans votre pauvreté, dans votre maladie, dans votre état d'infirmité ? pourquoi vous êtes-vous découragé dans telle et telle perte , dans tel et tel délaissement, dans telle et telle privation? c'est assurément pour n'avoir pas bien pensé aux moyens principaux et véritables du saliU.

Confondez-vous-en devant Dieu, condamnez vous en sa présence. Demandez la grâce pour être plus désireux des moyens de salut, et plus fidèle pour les embrasser àl'avenir.

Troisième point. Coopération. — 1' Késolvez-vous de ne vous plus servir des créatures, et de ne les plus désirer ou chérir qu'autant qu'elles vous serviront pour votre salut; car elles ne vous sont données que pour celte fin ; et si vous vous en servez autrement, vous en abuseriez, et elles se soulèveraient contre vous au jour du jugement pour se venger de cet abus : Surget orbis terrai um contra insensatos. (Sap. V, 21.)

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