Première partie. — Préparation
i" Metiez-vous en la présence de Dieu par un acte de foi et d'adoration.
2° Reconnaissez que vous êtes indigne de paraître devant Dieu, et dans cette vue renoncez à vos
leur de vos péchés ; et si vous en avez eue, celt^ douleur a-t-elle été suffisante, c'est-à-dire a-l-elle été cordiale, surnaturelle, souveraine et universelle, en sorte qu'il n'y ait eu pas un seul de tous les péchés mortels que vous avez commis en toute votre vie, que vous n'ayez détesté de tout votre cœur, par un principe de grâce, et plus que tous les autres maux de cette vie ; car sans cela vos confessions sont nulles. Ne vous êtcs-vous point confessé quelquefois sans avoir un ferme propos de vous amender à l'avenir, et ce propos n'a-t-il poinf, été purement imaginaire, conservant dans les replis de votre cœur un désir secret de retourner dans péchés, et donnez- vous à Jésus-Christ, disant : In q„^iq„ç péj.,,^ . n'ayant pas une volonté absolue de spiritu humilitatis et in animo contrito susaptamur ^^^.^^^^ ^^ ^^.^ ^^^^^^ j^^ occasions prochaines du cor am te. {Dan. m, 39.) péché ; n'ayant point eu de véritable dessein de
rjoCommevousètesincapabledebien faire oraison ^^51^^^^ le bien ou l'honneur du prochain, que par vous-même, renoncez à votre propre esprit, et ^.^^^ j^j ^^,^^ ^^^^ ^^ ^^ pardonner et vous réconinvoquez celui du Fils de Dieu. ^Hig^ ^^,^^ ^^g ennemis ? Ne vous êtes-vous point
Seconde partie. — Corps d'oraison. quelquefois confessé sans faire une confession en-
Premier point. Adoration. — Adorez Notre-Sei- tière? c'est-a-dire n'avez-vous point manqué, ou giieur allant au fleuve du Jourdain pour être bap- de propos délibéré, ou par faute d'examen sul)i«?.nt, tisé par saint Jean qui y prêchait la pénitence, de déclarer tous vos péchés mortels, au moins Il s'y présente avec tout le peuple qui, confessant quant au nombre, et quant aux circonstcinces qui ses péchés, recevait le baptême de l'eau, comme ciiangent l'espèce ; car enfin il n'en faut qu'un seul une marque qu'ils étaient pécheurs et obligés à la omis volontairement pocr vous rendre ensuite pénitence : Baptizabanlur ab eo in Jordane confiden- toutes vos confessions sacrilèges; et faites tant de tes peccala sua. (Matth. 111, (i.) C'est dans ce mys- mortification que vous voudrez, pleurez-le jusqu'à tère que le Fils de Dieu confesse ses péchés à son la fin du monde , il ne vous sera jamais pardonné Père caché sous la personne de saint Jean, qui si vous ne voulez vous en confesser et réparer votre
étant l'homme envoyé de Dieu, le représentait au peuple Juif; c'est pour lors qu'il avoue hautement s'être chargé de tous nos crimes ; et, sans craindre la honte et la confusion qu'il en devait recevoir devant les hommes, il déclare qu'il est couvert, lui seul, des abominations de tout le monde. Admirez l'humilité du Fils de Dieu dans cette confession pu-
faute par une confession générale Ne vous êtesvous point quelquefois confessé exprès à un prêtre ignorant, afin qu'il ne pût pas bien discerner, et porter un jugement sur des choses de conséquence que vous aviez à lui dire en confession, et que voua même ne pouviez pas bien démêler? Ne vous êtes vous point quelquefois confessé à quelque prêtre
blique. Remerciez-le de ce qu'il a eu cette bonté en qui n'avait pas le pouvoir de vous absoudre, surtout
confessant ainsi les péchés de tout le monde, et de fonder dans l'Eglise la grâce de la confession, c'està-dire de la déclaration sincère que nous devons faire au prêtre de tous nos crimes les plus honteux; et par la confusion qu'il souffrit en ce mystère, de mériter aux hommes la grâce de porter la honte de la confession.
Deuxième point. Communion. — Pour profiter de
ayant choisi ce confesseur pour en être quitte à bon marché ?
Examinez bien tous ces défauts, car ils sont essentiels; et s'il s'en rencontre quehju'un dans vos confessions passées, elles sont nulles, sacrilèges et damnables. En vérité pourriez-vous bien répondre de n'être point tombé dans quelqu'une de ces fautes en votre vie passée? Quid niteris bonam ostendere
cette grâce, et faire une déclaration sincère de tous viam tuam, et dixisli : Absque peccato et innocens ego
vos crimes , sans que la confusion vous en détourne, méditez bien les motifs qui vous peuvent exciter à faire une confession générale : voici deux considérations sur ce sujet que vous pourrez approfondir.
La j)remière est la nécessité que vous pouvez avoir de faire une confession générale : nécessité que vous tirerez des défauts qui peuvent être rencontrés dans vos autres confessions : l'bi emcndnlio nulla, ibi pœnitenlia necessario vana. (Tertuli.., De paiiij.) En voiei cuu\ principaux. Ne vous êtes-vous point quelquefois confessé sans avoir eu de la dou-
sum, etc. Kcce ego judicio conlendiim tccum, eo quod dixeris : Non peccuvi. {.Icrem. ii,5")-ô5.) Ne cherchezvous point à vous excuser présentement, ni à couvrir vos fautes ; il est question de les avouer simplement pour vous justifier. Dans vos premières confessions où vous n'étiez qu'à demi instruit; dans voire jeunesse où vous les faisiez assez à la légère ; dans tant d'occasions où vous y avez apporté si peu do soins, si peu d'examen, si peu de préparation. Pensez-y bien sérieusement, et songez on mémo temps que Ip yeiil remède, pour réparer tous ces défauts, est de faire une confession générale.
RETRAITE ECCLESLVSTIQUE. — QUATRIEME JOUR
La seconde considération qui vous doit exciter puissamment à faire une confession générale, est son utilité ; car il faut avouer que, quand même elle ne vous serait pas nécessaire, elle vous sera toujours extraordinaircment utile, et que vous en recevrez de très-grands avantages. En effet, par cette revue générale que vous ferez de tous vos péchés, les considérant en détail et tout à la fois, vous en recevrez une nouvelle et plus grande contrition. La peine et la confusion que vous aurez ;\ redire et déclarer à Un même confesseur tous les désordres et les abominations de votre vie passée vous remettra une partie des peines que vous devriez souffrir bien plus rigonreusenient en purgatoire. Ajoutez que tous ces péchés, considérés ensemble et déclarés sans y être obligé, est un acte d'humilité des plus considérables que vous ne ferez jamais sans mériter beaucoup de grâces ; et par ce moyen votre confesseur, connaissant mieux l'état de votre conscience et la racine et source de vos péchés, vous pourra donner des remèdes plus propres pour vous guérir. Mais ce qui doit surtout vous intéresser, c'est le soulagement de la conscience, et le repos de l'âme à cause de l'assurance morale que vous aurez ensuite, qu'ayant ainsi remédié à tous les défauts de toutes vos confessions précédentes, vous auret reçu de Dieu quittance de vos dettes passées, en sorte que vous n'aurez plus à craindre d'en être recherché au jour du jugement.
Faites réflexion sur votre vie, et vous verrez que ces gênes et embarras de conscience, qui vous ont tant inquiété ; ces craintes et frayeurs que vos péchés ne soient point encore pardonnes ; ces vives appréhensions que vous ne soyez encore en mauvais état, qui vous tyrannisent si cruellement, qui vous jettent dans de si profondes mélancolies, vous donnent si peu de relâche ; toutes ces peines, dis-je, qui font que vous n'avez presque pas un moment de paix, auraient été bientôt dissipées, si vous aviez voulu faire une bonne confession générale. 0 quelle joie, quelle douceur, quelle tranquillité, quelle paix, quand elle est faite ! Impossibilis, aiebam, tanta conversio est ; sed postquam desuper se lumen infudit, mirum in modum ccf-.perunt protinus.... patere dausa, lucescere tenebrosa, geri passe quod impossibile putabatur. (S. Cyprian.) Demandez à Dieu la grâce de la bien faire, et, pour l'obtenir, employez auprès de Dieu les mérites de son Fils, les prières de sa Mère, les intercessions des saints à qui vous avez plus de dévotion, et surtout de saint Pierre, de sainte Madeleine, de saint Augustin, et de tant d'autres qui, ayant été dans de grands péchés, nous sont proposés comme de grands modèles de pénitence, et comme de puissants intercesseurs pour nous obtenir cette grâce.
Troisième point. Coopération. — 1" Résolvez-vous de faire une bonne confession générale, quoi qu'il vous en coûte ; et quand même vous ne jugeriez pas qu'elle vous fût nécessaire, rapportez-vous-en à votre
OEUVBES COMPL. DE M. ThONSON. I.
directeur, de crainte, ou que votre aveuglement ne vous trompe en votre propre cause, ou qu'il n'y ait de la présomption de vous imaginer que vous n'avez pas besoin de ce que font les plus grands saints, ou que ce ne soit un mépris de la grâce de Dieu de refuser une action si avantageuse dont vous avez à présent l'occasion, et •peut-être même l'inspiration.
2° Résistez fortement aux tentations qui pourraient empêcher ou relarder cette confession générale : Pigeât sane peccare, sed pœnitere non pigeât ; pudeat periclitari, sed non pudeat liberari. (Pacian.) Et surtout n'écoutez point les pensées de honte, de crainte ou de diflicultés, qui vous viendront eu l'esprit : mais repoussez-les vigoureusement en songeant à la confusion que vous en souffrirez devant tous les hommes, au jour du jugement, et éternellement dans les enfers, si vous ne faites pas une bonne confession, et à la gloire que vous en recevrez devant Dieu et tous les saints si vous la faites.
5° Pensez sérieusement à ce que vous voudriez avoir fait si vous étiez à l'article de la mort et au jour du jugement, et résolvez-vous de faire cela dés à présent.