‹ Œuvres complètes de Mesdames de La Fayette, de Tencin et de Fontaines, précédées de notices historiques et littérairesChapitre 13 sur 26 · SECOND EXTRAIT · texte numérisé non relu

SECOND EXTRAIT

Composé de phrases où il rijr a point de sens^ et que bien des gens de la cour mettent dans leurs discours.

Je vous assure , monseigneur, qu'on est bien chagrin de ne pouvoir faire son devoir, et il est fort honnête de le pardonner. Je vous écris cette missive pour vous donner des nouvelles de M. Domatel : j'espère qu'il sera bientôt hors d'aflaire, et que sa maladie ne sera pas longue. Je me suis trouvé depuis peu à un -grand repas où on a mangé une bonne soupe et où vous avez

été .bien célébré. Vous savez, monseigneur^ que TOUS inspirez la joie, Ton fit mille plaisanteries; vous me ferez bien la justice de croire que l'on a eu le dernier déplaisir de ne vous y: avoir pas. J'ai bien envie d'avoir l'honneur dje vous voir pour vous entretenir sur mon gazon. Mes fermiers sont cause que je ne puis m'aller rabattre chez Fredole ; mais je vas souvent en un lieu où l'on aime à se réjouir, et où Ton met les plats en bataille. Il y a une personne qui désire fort le tête-à-téte avec vous, vous connaîtrez dans son dialogue qu'elle a du savoir-faire , ^et que l'on vous trouve furieusement aimable; je vous dis tout ceci, parce que je suis engoué de vous, car votre caractère me réjouit; et, de bonne foi, il est vrai que je me suis conduit de mon pied en un lieu où j'ai vu de beaux esprits qui ne se peuvent plaindre de vous à cause de votre génie. Je m'étonne que vous ne veniez pas dialoguer avec les demoiselles ; c'est à coup sûr que vous les réjouissez quand elles vous voient ; car, assurément , vous êtes du bel air, et vous distinguez bien dans le beau monde où l'on vous rend justice. 11 est vrai que je m'en allai hier au bal dans un grand embarras , dont j'eus bien de la peine à me tirer; il est vrai que je m'en allai après à une campagne ; il est vrai que je n'y

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demeurai pas Icmg-teinps, j'ouis la bonne femflM qui me parla bien de vous, qui me dit que tmM% faisiez figure. Elle vous aime arutant que les demoiselles; sûrement vous êtes aujourd'hui !• coqueluche de tout le monde; il est vrai que votre mérite d est pas postiche. I^s deraoisellts en rendent fixement de bons témoignages.

PI2r DES LErrEES*

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