LIVRE I, CHAP. IX
excuser son maïistre envers sa Majesté, d'un fait de grande consequence, qui estoit tel. Le Roy pour maintenir tousjours quelques intelligences en Italie, d’où il avoit esté dernierement chassé, mesme au Duché de Milan, avoit advisé d’y tenir pres du Duc un gentilhomme de sa part, ambassadeur par effect, mais par apparence homme privé, qui fit la mine d’y estre pour ses affaires particulieres : d’autant que le Duc, qui dependoit beaucoup, plus de l'Empereur, lors principalement qu’il estoit en traicté de mariage avec sa niepce, fille du Roy de Dannemarc, qui est à present douairiere de Lorraine, ne pouvoit descouvrir avoir aucune praticque et conference avecques nous, sans son grand interest’. À cette commission se trouva propre un gentilhomme Milanois, escuyer d’escurie chez le Roy, nommé Merveille. Cettuy-cy despesché avecques lettres secrettes de creance et instructions d’ambassadeur, et avecques d’autres lettres de recommandation envers le Duc en faveur de ses affaires particuliers pour le masque et la montre, fut si long temps aupres du Duc, qu’il en vint quelque resentiment à l'Empereur, qui donna cause à ce qui s’ensuivit apres, comme nous pensons : qui fut,
Ligne 27) 1595 : pensons : ce fut, que