‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 165 sur 297 · LIVRE I, CHAP. IX · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. IX

relevé, s’estant si lourdement couppé, et à l'endroit d’un tel nez, que celuy du Roy François’.

Le pape Jule second ayant envoyé un ambassadeur vers le Roy d'Angleterre, pour Panimer contre le Roy François, l’ambassadeuf' ayant esté ouy sur sa charge, et le Roy d'Angleterre s’estant arresté en sa responce aux difficultez qu'il trouvoit à dresser les preparatifs, qu’il faudroit pour combatre un Roy si puissant, et en alleguant quelques raisons, l'ambassadeur repliqua mal à propos, qu'il les avait aussi considerées de sa part, et les avoit bien dictes au Pape. De cette parole si esloingnée de sa proposition, qui estoit de le pousser incontinent à la guerre, le Roy d’Angleterre print le premier argument de ce qu’il trouva depuis par effect, que cet ambassadeur, de son intention particuliere, pendoïit du costé de France. Et en ayant adverty son maistre, ses biens furent confisquez, et ne tint à guere qu’il n’en perdit la vie*.

Ligne 1) 1595 : couppé à l'endroit

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