‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 181 sur 297 · LIVRE 1, CHAP. XII · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAP. XII

subjection naturelle consentent qu’il cede au grand bruit du ciel ou d’une ruine pour example jusques a la pallur et contraction. Aïnsin aus autres passions, pourveu que son opinion demure sauve et entiere et que l’assiete de son discours n’en souffre atteinte ny alteration quelconque et qu’il ne preste nul consentemen a son effroi et souffrance. De celluy qui n’est pas sage il en va de mesmes en la premiere partie, mais tout autremant en la seconde.

Car l'impression des passions ne demure pas en luy superficielle, ains va penetrant jusques au siege de sa raison, l’infectant et la corrompant. Il juge selon icelles et s’y conforme’. Voyez bien disertement et pleinemant l’estat du sage Stoique

Mens immota manet, lachrimæ volvuntur inanes?.

Le sage Peripateticien ne s’exempte pas des perturbations, mais il les modere.]

1. Toutes ces pensées sont presque traduites d'AuLu- GELLE (XIX, 1) qui, dit-on, les avait traduites lui-même du cinquième livre, aujourd’hui perdu, des Mémoires d’ARRIEN sur Epictète. (J.-V. L.)

2. !Il pleure en vain: son cœur demeure inébranlable. ViIRGILE, Enéide, IV, 4409. — Cité d’après SAINT Au- GUSTIN, Cité de Dieu, IX, 4. tr. Delille (P. V.)

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