‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 209 sur 297 · LIVRE I, CHAP. XIV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. XIV

faire foëter à deux de ses valets, la corde au col, devant le Sepulchre de nostre Seigneur.

Mais ne voit-on encore tous les jours le Vendredy S. en divers lieux un grand nombre d'hommes et femmes se battre jusques à se déchirer la chair et perçer jusques aux os?

Cela ay-je veu souvent et sans enchantement : et disoit-on (car ils vont masquez) qu'il y en avoit, qui pour de l’argent entreprenoient en cela de garantir la religion d’autruy, par un mespris de la douleur d'autant plus grand, que plus peuvent les éguillons de la devotion, que de l’avarice.

[Q. Maximus enterra son fils consulere; M. Cato le sien Preteur designé; et L. Paulus les siens deus en peu de jours, d’un visage rassis et ne portant auscun tesmoignage de deuil’. Je disois en mes jours de quelqun en gossant, qu'il avoit choué* la divine justice : car la mort violante de trois grands enfans luy aiant este envoice en un jour pour un aspre coup de verge, com’ il est a croire : peu s’en falut qu’il ne la print a gratification. Et j’en ai perdu, mais en nourrisse, deus ou trois”, si

Ligne 23) 1505 : prit à faveur el gralification singulière du ciel. Je n’ensuis pas ces humeurs monstrueuses, mais j'en ai perdu en nourrice deux

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