‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 1 sur 188 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ARCAMÈNE, les prêtres.

ARCAHEBTE.

Uans ce temple où du jour brillent les feux naissants.

Prêtres de Calydon , renouvelez l'encens ;

Arrosez d'un vin pur l'offrande préparée.

La suprême faveur de nous s'est retirée ;

Des champs de Calydon l'immortel protecteur.

Bacchus nous abandonne : un souffle destructeur

Dessèche les moissons , flétrit les pâturages ;

La terre est sans verdure, elles bois sans ombrages;

Tout meurt : le pampre même à Bacchus consacré

Sur le penchant des monts languit décoloré.

C'est peu : j usqu'en nos murs un monstre épouvantable

Exerce incessamment sa rage inévitable :

Les enfants , les vieillards , les femmes , les guerriers

Expirent à-la-fois de ses coups meurtriers.

Ceux qu'en vain lui dérobe une obscure retraite,

Succombent , accablés d'une langueur secrète ;

Leur vie est un flambeau qui lentement s'éteint.

Du fléau dévorant le roi même est atteint.

Ce fléau, parmi nous, déjà semble apparaître;

Corésus, le front ceint des bandeaux du grand-prêtre,

Corésus, cher au dieu dans ce temple adoré.

D'un inquiet tourment est déjà dévoré.

Il ne sait où porter son ennui sohtaire.

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