ACTE I, SCENE I
Et je ne puis aimer celui que je méprise.
Du parti gibelin vous tous dignes appuis !
Vous, compagnons que j'aime et qu'à regret je fiiis,
Pour vous toujours mon cœur garde le même zèle ;
Jusqu'au dernier soupir je vous serai fidèle ;
Mais Pise parmi vous, au conseil, aux combats,
Auprès de ^ismondi ne me reverra pas.
J'ai subi trop long-temps ses orgueilleux outrages.
A la fin dans le port jeté par les orages ,
Je vais loin des partis vivre et mourir en paix.
Ce glaive a fait sa tâche , et je puis désormais
Le suspendre sans honte aux murs de ma retraite ;
A l'honneur, au pays il a payé sa dette.
Triomphe, Sismondi ! déploie en liberté
L'appareil insolent de ton autorité.
Héros dans le conseil, orateur dans l'armée
A pubUer ton nom lasse la renommée.
Proclame des édits, outrage des rivaux,
aao UGOLIN.
Sur l'échafaud sanglant siège avec les bourreaux, Et, poursuivant, dans l'ombre, une foule proscrite. Brigue le noble rang de premier satellite : C'est alors qu'Ugolin , fléchissant sous tes lois , Reconnaîtra son maître à de si grands exploits!