‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 173 sur 188 · ACTE IV, SCÈNE V. 3oi · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V. 3oi

\ Même en vous accusant je cherche à vous absoudre. Quoique votre fierté se plaise à m'outrager , Je ne m'abaisse point jusques à me venger : En vain à vous haïr vous croyez me contraindre , Je fais grâce au malheur, et vous plains.

Vous, me plaindre!

Honorez-moi plutôt de votre inimitié :

Je garde mes mépris , gardez votre pitié.

Livrez-nous le proscrit que Pise redemande.

Jamais.

SISMONDI

N'attendez pas que je vous le commande. Tremblez que mon courroux...

ÎXGOI.IN.

Connais-tu quelque loi 5 a6

3oî UGOLIN.

Qui me puisse forcer à trembler devant toi ?

Depuis assez long-temps ta rage se déguise,

Sismondi : sois du moins barbare avec franchise.

De cet infortimé que t'importe le sort ?

Tu verrais d'un même œil et sa vie et sa mort.

Ce n'est pas lui, c'est moi que veut perdre ta haine.

J'ai lu dans les l'eplis de ton ame inhumaine.

Mon crédit , c'était là mon crime le plus noir :

Je serais innocent, si j'étais sans pouvoir.

Cette fierté qui sied à tout grand caractère ,

Une vertu sans tache , une franchise austère ,

Un nom qu'avec honneur Pise fait retentir,

Voilà ce que tu hais : ose me démentir...

Téméraire !...

Soldats, prenez votre victime.

SISMONDI

Qu'on le charge de fers !

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