‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 180 sur 188 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

UGOLIN, UBALDI, endormi.

TJGOLIN.

Jljnsevbli vivant dans ce profond cercueil, J'ai passé sans retour son effroyable seuil. Entre le monde et nous une barrière immense S'élève , et sous ces murs l'éternité commence. Une lampe de mort, qui faiblement nous luit, Éclaire encor l'horreur de cette longue nuit : 5 a7

3i4 UGOLIN.

Puissent nos tristes jours avec elle s'éteindre ! Pour qui meurt innocent la mort n'est point à craindre. Peut-être Sismondi, pâle, et frappé d'effroi, Sous ses lambris dorés est moins calmé que moi : Heureux dans mon malheur, je goûte par avance Cette ineffable paix , céleste récompense. Ah! pourquoi suis-je père? En ce fatal moment, Le charme de mes jours en devient un tourment. Il dort, l'infortuné, dans ce funèbre asyle! De ses lèvres s'échappe un sourire tranquille : Il rêve le bonheur, il l'attend au réveil... Hélas ! que ne dort-il de son dernier sommeil ! ( On entend murer la porte du cachot.) Quel bruit lugubre et sourd fait gémir ces murailles ? Dans le temple voisin l'airain des funérailles Sonnerait-il déjà le terme de nos maux ? Écoutons... Mais qu'entends-je ! on frappe à coups égaux Oh ! je le reconnais ce bruit plein d'épouvante !

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