SCENE PREMIERE
UGOLIN, UBALDI, endormi.
TJGOLIN.
Jljnsevbli vivant dans ce profond cercueil, J'ai passé sans retour son effroyable seuil. Entre le monde et nous une barrière immense S'élève , et sous ces murs l'éternité commence. Une lampe de mort, qui faiblement nous luit, Éclaire encor l'horreur de cette longue nuit : 5 a7
3i4 UGOLIN.
Puissent nos tristes jours avec elle s'éteindre ! Pour qui meurt innocent la mort n'est point à craindre. Peut-être Sismondi, pâle, et frappé d'effroi, Sous ses lambris dorés est moins calmé que moi : Heureux dans mon malheur, je goûte par avance Cette ineffable paix , céleste récompense. Ah! pourquoi suis-je père? En ce fatal moment, Le charme de mes jours en devient un tourment. Il dort, l'infortuné, dans ce funèbre asyle! De ses lèvres s'échappe un sourire tranquille : Il rêve le bonheur, il l'attend au réveil... Hélas ! que ne dort-il de son dernier sommeil ! ( On entend murer la porte du cachot.) Quel bruit lugubre et sourd fait gémir ces murailles ? Dans le temple voisin l'airain des funérailles Sonnerait-il déjà le terme de nos maux ? Écoutons... Mais qu'entends-je ! on frappe à coups égaux Oh ! je le reconnais ce bruit plein d'épouvante !