C0B.ESUS
De moment en moment je sens que sa présence
Par degrés se révèle à mes yeux satisfaits ;
Soyez heureux : Bacchus apporte ses bienfaits.
Je le vois , mais non plus en ses fureurs cruelles,
Terrible et comme armé des foudres paternelles.
Je le vois à travers un nuage doré :
La coupe en main , le front de pampre décoré.
Il rit au bruit joyeux des chars de la vendange.
Est-ce un dieu qui pardonne, est-ce un dieu qui se venge ?
N'en doutez plus , Bacchus dépose sa fui-eur :
De choisir entre vous il m'épargne l'horreur ;
Il fait plus -f sa bonté , qui tous deux vous délivre ,
88 CORÉSUS.
Veut encor que ma voix vous ordonne de vivre. Vivez, couple fidèle, et soyez de mes mains Unis devant les dieux et devant les humains : Vivez , régnez. Hélas ! votre ville appauvrie Maudira plus d'un jour ma jalouse furie. Mais je sens la vertu , qui m'a fui si long-temps , Se rapprocher de moi depuis quelques instants. Mon esprit, moins mortel, s'épure, se ranime... Et l'oracle apaisé m'accepte pour victime.
( Il se frappe. )
ARCAMKNE.
Il expire !
O destin !
AGÉNOE , à Arcaniène. ^ -
Grand -prêtre de Bacchus!
Trois jours, voilez l'autel ; trois jours à Corésus
Offrons, en soupirant, les tributs funéraires.
Ah ! ne vous privez pas de vos larmes sincères ,