‹ uvres complètes de Millevoye (volume 4)Chapitre 34 sur 100 · LIVRE II. i4i · texte numérisé non relu

LIVRE II. i4i

DANAE.

ï j\ nuit règne; lest vents assiègent en furie La nef où Danaé va , dans la sombre mer , Périr avec son fils , le fils de Jupiter ! Danaé de ses bras l'environne, et s'écrie : « Nous. ne re verrons plus les rivages d'Argos; Mon père nous condamne aux ombres éternelles. Aimable et cher enfant, dors, bercé par les flots; Vagues, dormez ; dormez, souffrances maternelles !

«O mon fils! tu ne crains ni le courroux des vents, Ni la nuit sans clarté, ni la vague sonore ;

i42 ELEGIES.

Ton doux et jeune cœur se rit des flots mouvants

Qui passent sur ton front sans le toucher encore.

Ah ! si tu comprenais nos dangers et nos maux ,

Tu sentirais aussi mes alarmes mortelles.

Mais non. .. dors , mon enfant; dors , bercé par les flots;

Vagues, dormez; dormez, souffrances maternelles!

Tyndarides brillants, dont l'éclat toujours pur Des turbulentes mers blanchit le noir azur, O célestes gémeaux, que le nocher révère! Ce fils , d'un sang divin , n'est-il pas votre frère ! De Danaé plaintive écoutez les sanglots : Veillez sur nous, du haut des voûtes éternelles. ÏLt toi, dors, mon enfant; dors, bercé par les flots; Vagues, dormez ; dormez, souffrances maternelles !

Cyclades, chastes sœurs, qui flottez sur la mer. Et couronnez au loin les flots bravants d'Éirée !

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