‹ uvres complètes de Millevoye (volume 4)Chapitre 98 sur 100 · PRIEZ POUR MOP · texte numérisé non relu

PRIEZ POUR MOP

Uans la solitaire bourgade, Rêvant à ses maux tristement, Languissait un pauvre malade D'un long mal qui va consumant.

Il disait : '< Gens de la chaumière, Voici l'heure de la prière Et les tintements du beffroi ; Vous qui priez , priez pour moi. »

Mais quand vous verrez la cascade Se couvrir de sombres rameaux ,

* Millevoye a composé cette romance à Neuilly, Luit jours avant sa mort.

Vous direz : « Le jeune malade Est délivré de tous ses maux ! »- Lors revenez sur cette rive Chanter la complainte naïve; Et quand^tintera le beffroi, Vous qui priez , priez pour moi.

Quand à la haine, à l'imposture, J'opposais mes mœurs et le temps, D'une vie honorable et pure Le terme approche, je l'attends.

Il fut court mon pèlerinage !

Je meurs au printemps de mon âge.

Mais du sort je subis la loi :

Vous qui priez , priez pour moi.

Ma compagne, ma seule amie.

Digne objet d'un constant amour!

agô ROMANCES.

Je t'avais consacré ma vie, Hélas ! et je ne vis qu'un jour.

Plaignez-la , gens de la chaumière , Lorsqu'à l'heure de la prière Elle viendra sous le beffroi Vous dire aussi : « Priez pour moi. »

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