LE CHOIX DE DIANE
V ÉNus à Diane eiï colère Enleva le bel Adonis :
Trop jeune encore pour la mère , Il devint compagnon du fils.
Cet enfant, cher à la déesse, Ressemblait au sien traits pour traits ; Même âge , même air de simplesse :
C'était l'amour aux ailes près.
Un jour, dans un simple bocage, Diane errant, sans arc en main,
Près de Vénus sous le feuillage Voit bondir le couple enfantin...
Mais quoi ! deux ailes sont écloses , Et soudain Vénus a deux fils :
« Choisis, dit- elle, si tu l'oses; L'un est l'Amour, l'autre Adonis. »
Diane balance ; elle est sage , Elle tremble de s'engager.
Laisser Adonis, quel dommage!
Mais prendre l'Amour, quel danger!
Le rusé , feignant l'innocence , A la faveur du demi-jour , Trompa Diane et sa prudence :
Elle choisit , et prit l'Amour.
Adieu projets , adieu sagesse !
L'Amour est déjà dans son cœur.
A cette erreur de la déesse Endymion dut son bonheur.
J/ans les bois l'amoureux Myrtil Avait pris Fauvette légère :
« Aimable oiseau, lui disait-il, Je te destine à ma bergère.
Pour prix du don que j'aurai fait, Que de baisers!... Si ma Lucelt^ l- M'en donne deux pour un bouquet.
J'en aurai dix pour la Fauvette. »
La Fauvette dans le vajlon A laissé son ami fidèle, Et fait tant que de sa prison Elle s'échappe à tire- d'aile.
« A.h ! dit le beriier désolé , Adieu les baisers de Lucette ! Tout mon bonheur s'est envolé Sur les ailes de la Fauvette. »
Myrtil retourne au bois voisin, Pleurant la perte qu'il a faite; Soit par hasard , soit à dessein , Dans le bois se trouvait Lucette :
Sensible à ce gage de foi , Elle sortit de sa retraite , En' lui disant : « Console-toi , Tu n'as perdu que la Fauvette. »