LA CIGALE
OUE QUAUANTE-TROlSlÈMii.
V^UEL heureux et brillant dcslin.
Cigale aimable, est ton partage!
Sous le dôme d'un vert feuillage , Tu bois les parfums du matin , Et ta voix charme le bocage.
Pour toi les trésors des saisons A l'envi s'empressent d'éclore :
Le laboureur t'aime et t'honore , Car tu respectes ses moissons.
Ton aspect ri-jouit la vue :
Il chasse les sombres autans 5
3o8 ODES
La messagère du printemps
En tous lieux est la bien-venue.
Chère à Phébus, chère aux Neuf Sœurs,
De leur divine mélodie
Ils t'enseignèrent les douceurs.
Jamais la triste maladie,
Jamais la vieillesse engourdie
N'oseront approcher de toi;
Prudente élève de Cybèle ,
Dans une jeunesse immortelle
Des ans tu sais braver la loi.
Ton corps léger, noble cigale.
Semble n'appartenir qu'aux cieux :
Que s'en faut-il , fille des dieux ,
Que des dieux tu ne sois l'égale ?