ODE CINQUANTE-TROISIÈME
J i A rose , doux présent des cieux , Semble sourire à la nature; De la terre aimable parure , La rose est le souffle des dieux.
Vénus la reçoit ou la donne ;
Les Muses en parent leurs fronts;
Et, l'entrelaçant en festons,
Les Grâces en font leur couronne.
Heureux celui qui la moissonne!
Fidèle image du plaisir.
D'ANACRÉON. 3i3
Quoique l'épine l'environne, On aime encore à la cueillir.
Charme de tout ce qui respire , Vierges , elle orne votre sein ; Poète , elle ombrage ta lyre ; Buveur, elle embaume ton vin.
Partout la rose : elle colore Des nymphes les bras demi- nus; La rose est aux doigts de l'Auron La rose est au front de Vénus.
Quand elle a perdu sa jeunesse Et son empire d'un matin , Par son odorante vieillesse Elle prolonge son destin.
3i4 ODES D'ANACRi^OjN-
On nous raconte que Cvbùlc , Lorsque Vénus reçut le jour, Embellit son nouveau séjour, Et créa la rose pour elle.
Les dieux cultivent cette fleur; De son nectar Bacchus l'arrose, Et ce nectar donne à la rose Et ses parfums et sa couleur.
FIN nu TOME