‹ uvres complètes de MolièreChapitre 133 sur 553 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le roi, qiii ne ^eut que des choses extraordinaires dans tout ce qu'il entreprend, s'est proposé de donner à sa cour un divertissement qui fût composé de tous ceux que le théâtre peut fournir ; et, pour embrasser cette vaste idée, et enchaîner ensemble tant de choses diverses. Sa Majesté a choisi pour sujet deux princes rivaux, qui, dans le champêtre séjour de la vallée de Tempe , où l'on doit célébrer la fête des jeux pythiens, régalent à l'envi une jeune princesse et sa mère de toutes les galanteries dont ils se peuvent aviser.

Comme on le voit dans l'avant-propos de Molière, le sujet de cette pièce fut indiqué par Louis XiV lui-môme. Composés exclusivement pour la cour, les Amants magnifiques ne furent joués qu'à la cour et ne pouvaient, suivant la remarque de Voltaire, réussir que là par le mérite du divertissement et par celui de l'à-propos. Molière, qui ne s'aousalt pas sur la portée de cet ouvrage, ne le fit pas même représenter sur son théâtre, et il fut imprimé pour la première fois après sa mort daus l'édition de Vinot et Lagrange. En 1688, lei comédiens français essayèrent de le tirer de l'oubli où il était ombé; mais après neuf représentations très-peu suivies, ils le retirèrent de la scène. Dancourt, en 1704, essaya de nouveau, à l'aide de changements dans les intermèdes, de remettre au théâtre les Amants ■mafnifr gués; mais cette tentative échoua, comme celle de 1688.

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nages qui ne dansaient pas, le plus souvent des coméilicns, el se rapportaient au sujet de chaque entrée. Benserade, en des- «■ant les entrées et en rinwfnt les récits, à peu près comme oa fôlïait avant lui, s'éteit aTÏsé de donner un tour vraiment nouveau à ses vers. Il y mêlait, avec esprit toujours, souvent avec hardiesse, des traits communs à la personne et au personnage, des rapprochements tantôt flatteurs , tantôt piquants entre le danseur nommé au programme et le rôle qu'il devait remplir. Ce n'était pas là sans doute une œuvre de grand mérite ; mais on doit reconnaître qu'il y excellait, et cela depuis vingt ans, variant avec un singulier bonheur des plaisanteries ou des douceurs dont le texte changeait rarement. Pour juger de ce qu'il savait faire en ce genre, il suffirait de voir combien de fois il réussit à vanter les solides mérites du marquis de Soyecourt, ou à excuser la laideur du marquis de Genlis. Le dernier ouvrage de cette espèce qu'eût alors écrit Benserade était le Ballet royal de Flore, dansé par le roi au mois de février 1669, et, dans un rondeau adressé aux dames, il avait aimoncé qu'il renonçait à ce métier. Molière eut ordre de l'y remplacer; de sorte que, dans le divertissement royal de 1670, sauf le sujet qui venait du roi, tout ce qu'on voyait, tout ce qu'on entendait, tout ce qu'on lisait était de sa façon. Il paraît certain que, comme tous ceux qui ont abdiqué, Benserade se montra jaloux de son successeur, et fit. avant la représentation, quelque moquerie de deux méchants vers destinés à être chantés dans la pastorale. Molière s'en vengea en parodiant, dans les vers faits pour le roi, la manière dont son prédécesseur tournait la louange ; mais il n'essaya pas de l'imiter dans l'épigramme. Les courtisans, comme à l'ordinaire, rirent beaucoup en voyant contrefaire ce qulls avaient coutume d'applaudir, et Benserade se trouva pué i^ 30 propre terraïa. »

PERSONNAGES DE LA COMEDIE

àBSPrrONE, princesse, mère d'Ériphilc '.

ÉRIPHILE, tiile delà princesse».

IPHICRATE, prince, amanl d'Éiiphile».

TIMOCLÈS, prince, amant d'Éripliile*.

SOSTRATE, général d'armée, amant d'Éripbil*

CLÉONICE, confidente d'Ériphile*.

ANAXARQDE, astrologue*.

CLÉON, fils d'Anaiarque.

CHORÈBE, de la suite d'Aristione.

CLITIDAS, plaisant de cour, de la luite d'ftriiihile»,

UNE FAUSSE VÉNUS, d'intelligence avec Anaiarque.

PERSONNAGES DES INTERMEDES.

PREMIER INTERMÈDE

ÉOLB

TRITONS chantants.

FLEUVES chantant!

AMOURS chaniauts.

PÊCHEURS DR CORAIL dansants.

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