CI-ÉONICE
On iKunera étrange, madame, que vous vous soyez ainn écartée de tout le monde
ÉRIPHll.E.
Ah ! qu'aux personnes comme nous, qui sommes toujours accablées de tant de gens, un peu de solitude est parfois agréable! et qu'après mille impertinents entretiens il est doux de s'entretenir avec ses pensées! Qu'on me laisse ici promener toute seule.
CLÉONICE
Ne voudriez-vous pas, madame, voir un petit essai de la disposition de ces gens admirables qui veulent se donner h vous? Ce sont des personnes qui, par leurs pas, kurs gestes et leurs mouvements, expriment aux yeux toutes choses; et on appelle cela pantomime. J'ai tremblé à vous dire ce mot, et il y a des gens dans votre cour qui ne me le pardonneroient pas.
ÉmPHILE
Vous avez bien la mine, Cléonice, de me venir ici régalef d'un mauvais divertissement; car, grâce au ciel , vous ne manquez pas de vouloir produire indifféremment tout ce qui se présente à vous; et vous avez une affabilité qui ne rejet !e rien ; aussi est-ce à vous seule qu'on voit avoir recoui-s toutes les muses nécessitantes; vous êtes la grande prolectrice du mérite incommodé ; et tout ce qu'il y a de vertueux indigents au monde va débarquer chez vous.
CLÉONICE
Si vous n'avez pas envie de les voir, madame, il ne faut «lue les laisser là
ÉRIPHILE
Non , non ; voyons-les : faites-les venir.
ClioNICE.
Mais peut-être , madame , que leur danse sera inérhante.
F.RIPHILE.
Méchante ou non, il la faut voir. Ce ne seroit, avec % ;ns, que reculer la chose, et il vaut mieux en être quitte
CLÉONir.E.
Ce ne sera ici , madame , qu'une danse ordinaire : uiae autre fois...
ÉniPHILE.
Point de préambule, Cléonice ; qu'ils dansent.
SECOND INTERMEDE.
La confidente de la jeune priiicasse lui produit trois danseurs, sous le nom de Pantomimes ; c'est-à-diie qui expriment par leurs gestes toutes sortes de choses. La princesse les voit danser, et les reçoit à son service.
ENTRÉE DE BALLET De trois pantomimes.
rlN DU PREMIER ACTE.