‹ uvres complètes de MolièreChapitre 148 sur 553 · CI.ITIDAS · texte numérisé non relu

CI.ITIDAS

Non , non , madame. Je vois que la chose ne vous plaît pas. Votre colère m'a obligé à prendre ce détour; et, pour vous dire la vérité, c'est vous qu'il aime éperdument.

ÉRIPHILE

Vous êtes un insolent de venir ainsi surprendre mes sentiments. Allons, sortez d'ici ; vous vous mêlez de vouloir lire dans les âmes, de vouloir pénétrer dans les secrets du cœur d'une princesse! Otez-vous de mes yeux, et que je ne vous voie jamais, Clitidas.

CLITIDAS

Uadame...

ÉRIPHILE

TeOËE ici. Je vous pardonne cette affaire-là.

CLITIDAS.

Trop de bonté, madame !

' Dans la PrinceâU d'Élide, le priuce J'ithaque te »ert d'une ruse psrellt* e»t% h priacesse.

ÉRlPniLE.

Mais à condition (prenez bien garde a ce que je vous dis) que vous n'en ouvrirez la bouche à personne du monde, sur peine de la vie,

UJTIDA8

ïl suffit.

ÉRIPniLE.

Soslrate t'a donc dit qu'il inainioit?

clitidas.

Non, madame. II faut vous dire la vérité. J'ai tiré de son cœur, par surprise , un secret qu'il veut cacher à tout le monde, et avec lequel il est, dit-il, résolu de mourir. Il a éto au désespoir du vol subtil que je lui en ai fait ; et, bien loin de me charger de vous le découvrir , il m'a conjuré , avec toutes les instantes prières qu'on sauroit faire, de ne vous en rien révéler ; et c'est trahison contre lui que ce que je viens de vous dire.

Tant mieux ! c'est par son seul respect qu'il peut m» pla.; r ; et s'il étoit si hardi que de me déclarer son amour, il pcn! roit pour jamais et ma présence et mon estime.

CLITIDAS.

Ne craignez point, madame...

ÉRIPniLE.

Le voici. Souvenez-vous, au moins, si vous êtes s&ge, de la défense que je vous ai faite.

CLITIDAS.

Cela est fait , madame. Il ne faut pas être courtisan indiscret ',

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