‹ uvres complètes de MolièreChapitre 174 sur 553 · SCÈNE m. — ARISTIO.XE, ÉRIPHILE, SOSTRATE, CLÉOMCE CLITIDAS · texte numérisé non relu

SCÈNE m. — ARISTIO.XE, ÉRIPHILE, SOSTRATE, CLÉOMCE CLITIDAS

CLrOMCt.

Madame, je viens vous dire qu'Anaxarque a jusqu'ici abusé l'on of l'autre prince, par Tespérance de ce choix qu'ils poursuivent depuis longtemps; et qu'au bruit qui s'est répandu de votre aventure, ils ont fait éclater tous deux leur ressentiment contre lui, jusque-là f;ue, de paroles en paroles, les choses se sont échauffées, et il en a reçu quelques blessures dont on ne sait pas bien ce qui arrivera. Mais les voici.

SCÈNE IV — ARISTIONE, ÉRIPHILE, IPHIGRATE, TIAIOCLÈS, SOSTRATE, CLÉOMCE, CLITIDAS.

ARISTIONE.

Princes, vous Graissez tous deux avec une violence bien grande! et si Anaxarqno a pu vous offenser, j'étois pour «eus eu faire justice moi-même.

ipnicnATE.

Et quelle justice, madame, auriez-vous pu nous faire de lui , si vous la faites si peu à notre rang dans le choix que vous embrassez?

ARISTIONE.

Ne VOUS ètes-vous pas soumis l'un et l'autre à ce que pourroieut décider, ou les ordi es du ciel, ou Tinclination de ma fille?

rniocLÈs.

Oui, madame, nous nous sommes soumis à ce qu'ils pourroicnt décider entre le prince Iphicrate et moi , mais son pas à nous voir rebutés tous deux.

Ar.ISTIONE.

Et si chacun de >ous a bien pu se résoudre à souffrir une préférence, que vous arrive-t-il à tous deux cù vous ne soyez prépaies.' et que peuvent importer à l'un et i l autre les iuléréls de son rival?

SIXIEME INTERMEDE. 2i7

îriICUATE.

Oui, madame, il impoile. C'est quelque consolation de se ?oir préférer un homme qui vous est égal; et votre aveuglement est une chose épouvantable.

ARISTIONF.

iVincc, je ne veux pas me brouiller avec une personne {jiii m'a fait tant de grâce que de me dire dos douceurs; et y- vous prie, avec toute rhonnèlclé qu'il m'est possible, de donner à \otre chagrm un fondement plus raisonnable; de vous souvenir, s'il vous plaît, que Sostrale est revêtu d'un mérite qui s'est fait connoîlre à toute la Grèce, et que le •rang où le ciel lélève aujourd'hui va remplir toute la distance qui étoit entre lui et vous.

IPUiCr.ATE

Oui, oui, madame, nous nous en souviendrons. Mais peutêtre aussi vous souvicndrez-vous que deux princes outragés ne sont pas deux ennemis peu redoutables. Tn!oci.i;s.

l*eut-élre, madame, qu'on ne goûtera pas longtemps la joie du mépris que l'on fait de nous.

AUlSTIO„\e

Je pardonne toutes ces menaces aux chagrins d'un amour qui se croit offensé ; et nous n'en verrons pas avec moins de tranquillité la fêle des jeux pythiens. Allons-y de ce pas , et couronnons, par ce pompeux spectacle, cette merveilleuse jouiuée.

SIXIEME INTERMEDE.

éUI EST LA SOLENNITE DES JEUX PYTHU-NS.

Le théâtre est une grande salle, en iuanière d'itiphithëàtre ouvert d'une grande arcade dans le fon' . au-dessus de laquelle est une tribune fermée d'un rideau, et d^ns l'éloignement pareil un autel p(Kir le sacrifice. Six hon:'Ties, habillés comme s'ils étoieat piesque nus, portant chacun ni. 13

nne hache sur l'épaule , comme ministres du sacrifice , erttrent par le portique, au son des violons, et sont suivis de deux sacrificateurs musicians, d'une prêtresse musicienne. fit leur suite.

Lik PRÊTRESSE.

Chantez, peuples, chantez, en mille et mille liem, Du dieu que nous servous les brillantes merveilles;

Parcourez la terre et les cieui :

Tons ne sauriez chanter rien de plus précieux, Rien de plus doux pour les oreilles.

OlfE GRECQUE.

A ce dieu plein de force, à ce dieu plein d appas. Il n'est rien qui résiste.

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