‹ uvres complètes de MolièreChapitre 186 sur 553 · UNE MUSICIENNE ET DEUX MUSICIENS · texte numérisé non relu

UNE MUSICIENNE ET DEUX MUSICIENS

LA MUSICIENNE

Un cœur, dans l'amoureux empire.

De mille soins est loujouis agité.

On dit qu'avec plaisir ou languit, on soupire,

Mais quoi qu'on puisse dire , Il n'est rien de si doux que notre libert:^

PREMIER MUSICIEN

U n'est rien de si doux que les tendres ardeurs Qui font vivre deux cœurs Dans une même envie; On ne peut être heureux sans amoureux deKfft. Otez l'amour de la vie, Vous en ôtez les plaisirs.

SECOND BUSICIEN.

il seroit doux d'entrer sous l'amoureuse la>i , Si l'on trouvoit en amour de la foi;

Mais, hélas! ô rigueur cruelle!

On ne \o'd point de bergère Adèle; Et ce sexe inconstant, trop indigne du jour, Doit faire pour jamais renoncer à l'amour.

PREMIER MUSICIEN

Aimable ardeur!

LA MUSICIENNE

Franchise heureuse!

SECOND MUSICIEN

Sexe trompeur!

PREMIER MUSICIEN

Que tu m'es précieuse!

LA MUSICIENNE

Que tu plais à mon cœur !

SECOND MUSICIEN

Que tu me fais d'horreur!

PREMIER MUSICIEN

i\h\ quitte, pour aimer cette haine mnrl<8l!e!

236 LE BOUKGLOIS GZNTILiiOMME.

LA .MUSICIENNE

On peut, on peut te montrer Une bergère fidèle.

SECOND MUSICIEN

Hélas! où la rencontrer?

LÀ MUSICIENNE

Pour défendre notre gloire , Je te veux offrir mon cœur.

SECOND MUSSCiER.

Mais, bergère, puis-je croire Quil ne sera point trompeur .'

LA MUSICIENNE

Voyons, par expérience, Qui des deux aimera mieux.

SECOND MUSICIEN

Qui manquera de constance, Le puissent perdre les dieux!

TOCS TROIS ENSEMBLE.

A des ardeurs si belles Laissons-nous enflammer; Ah! qu'il est doux d'aimer Quand deux cœurs sont fidèles?

Est-ce tout?

LE MAÎTRE DE HUSIQUE

Oui.

MONSIEUR JOURDAIN

Je trouve cela bien troussé, et il y a là dedans de peli(.c iictons assez jolis.

LE MAÎTRE A DANSER

Voici, pour mon affaire, un petit essai des plus beaux mouvements et des plus belles attitudes dont une daosc puisse être variée.

MONSIEUR JOURDAIN

Sont «e encore des bergers?

LE MAÎTIîE A DANSER.

C'est ce au'il vous plaira, l^u» dauseure.) Allons,

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