UNE MUSICIENNE ET DEUX MUSICIENS
LA MUSICIENNE
Un cœur, dans l'amoureux empire.
De mille soins est loujouis agité.
On dit qu'avec plaisir ou languit, on soupire,
Mais quoi qu'on puisse dire , Il n'est rien de si doux que notre libert:^
PREMIER MUSICIEN
U n'est rien de si doux que les tendres ardeurs Qui font vivre deux cœurs Dans une même envie; On ne peut être heureux sans amoureux deKfft. Otez l'amour de la vie, Vous en ôtez les plaisirs.
SECOND BUSICIEN.
il seroit doux d'entrer sous l'amoureuse la>i , Si l'on trouvoit en amour de la foi;
Mais, hélas! ô rigueur cruelle!
On ne \o'd point de bergère Adèle; Et ce sexe inconstant, trop indigne du jour, Doit faire pour jamais renoncer à l'amour.
PREMIER MUSICIEN
Aimable ardeur!
LA MUSICIENNE
Franchise heureuse!
SECOND MUSICIEN
Sexe trompeur!
PREMIER MUSICIEN
Que tu m'es précieuse!
LA MUSICIENNE
Que tu plais à mon cœur !
SECOND MUSICIEN
Que tu me fais d'horreur!
PREMIER MUSICIEN
i\h\ quitte, pour aimer cette haine mnrl<8l!e!
236 LE BOUKGLOIS GZNTILiiOMME.
LA .MUSICIENNE
On peut, on peut te montrer Une bergère fidèle.
SECOND MUSICIEN
Hélas! où la rencontrer?
LÀ MUSICIENNE
Pour défendre notre gloire , Je te veux offrir mon cœur.
SECOND MUSSCiER.
Mais, bergère, puis-je croire Quil ne sera point trompeur .'
LA MUSICIENNE
Voyons, par expérience, Qui des deux aimera mieux.
SECOND MUSICIEN
Qui manquera de constance, Le puissent perdre les dieux!
TOCS TROIS ENSEMBLE.
A des ardeurs si belles Laissons-nous enflammer; Ah! qu'il est doux d'aimer Quand deux cœurs sont fidèles?
Est-ce tout?
LE MAÎTRE DE HUSIQUE
Oui.
MONSIEUR JOURDAIN
Je trouve cela bien troussé, et il y a là dedans de peli(.c iictons assez jolis.
LE MAÎTRE A DANSER
Voici, pour mon affaire, un petit essai des plus beaux mouvements et des plus belles attitudes dont une daosc puisse être variée.
MONSIEUR JOURDAIN
Sont «e encore des bergers?
LE MAÎTIîE A DANSER.
C'est ce au'il vous plaira, l^u» dauseure.) Allons,