‹ uvres complètes de MolièreChapitre 188 sur 553 · ACTE II, SCÈNE III. 23t · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III. 23t

ilaussez la tète. Tournez la pointe du pied en dehors. Lâj (a, la. Dressez votre corps.

MOfisirii; JoruDAiN.

Hé! ^

LE MAÎTRE DE MUSIQUE

Voilà qui est le mieux du monde.

JIOKSIEIR JOURDAIN.

A propos ! apprenez-moi comme il faut faire une ré\èpence pour saluer une marquise ; j'en aurai besoin tantôt.

LE MAÎTRE A DA^SER

Une révérence pour saluer une marquise?

MONSIEUR JOURDAIN

Oui. Une marquise qui s'appelle Dorimène.

LE MAÎTRE A DANSER

Donnez-moi la main.

MONSIEUR JOURDAIN

Non. Vous n'avez qu'à faire ; je le retiendrai bien.

LE 3IAÎTRE A DANSER.

Si VOUS voulez la saluer avec beaucoup de respect, il faut faire d'abord une révérence en arrière , puis marcher vers elle avec trois révérences en avant, et à la dernière vous baisser jusqu'à ses genoux.

MONSIEUR JOURDAIN

Faites un peu. (Apres que le maUre à danser a faMtroiirëvérenceE.'

Bon.

SCÈNE II. — MONSIEUR JOURDAIN, LE aiAITRE DE MUSIQUE, LE MAITRE A DANSER, UN LAQUAIS.

LE LAQUAIS

Monsieur, voilà votre maître d'armes qui est là.

MONSIEUR JOURDAIN

Dis-lui qu'il entre ici pour me donner leçon. (AuîEaïîre

le mutiqne et au maître à danser.) Je VCUX que VOUS me VOyieZ faire.

SCÈNE III. - MONSIEUR JOURDAIN, UN MAITRE D'ARMES, - LE MAITRE DE MUSIQUE, LE MAITRE A DANSER, UN

LAQUAIS, tenant deux ûeu-«ts.

.£ MAÎTRE d'.ARMES , aprt-» avoir pris les deux fleurets de la maio du laquais, et en avoir présenté un à monsieur Jourdain.

Allons, monsieur, la révéi\?nce. Votre corps droit. Un peu

penche sur la cuisse gauche. Les jambes point tant écartées. Vos pieds sur une même ligne. Votre poignet à l'opposite de votre hanche. La pointe de Notre épée vis-à-vis de votre épauler. Le bras pas tout à fait si tendu. La main gauche à !a hauteur de l'œiL L'épaule gauche plus quarlée. La tète droite. Le regard assuré. Avancez. Le corps ferme. Touchez-moi l'épée de quarte, et achevez de même. Une, deux. Remettez-vous. Redoublez de pied ferme. Un saut en arriére. Quand vous portez la botte, monsieur, il faut que Tépée parte la première, et que le corps soit bien effacé. Une, deux. Allons, touchez-moi l'épée de tierce, et achevez de même. Avancez. Le corps ferme. Avancez. Partez de là. Une, deux. Remettez-vous. Redoublez. Une, deux. Un saut en arrière. En garde, monsieur, en garde.

(Le maître d'armes lui pousse deux ou Uuis boUcs, en lui disant : En garde.)

MONSlEtn JOURDAIN.

Hé!

LE MAtrr.E DE MUSIQUE.

Vous faites des merveilles.

LE maître d'armes.

Je vous l'ai déjà dit , tout le secret des armes ne consiste qu'en deux choses, à donner et à ne point recevoir; et, comme je vous lis voir l'autre jour par raison démonstrative , il est impossible que vous receviez si vous savez détourner l'épée de votre ennemi de la ligne de votre »?orps ; ce qui ne dépend seulement que d'un petit mouvement du poignet, ou en dedans, ou en dehors.

monsieur JOURDAIN.

De cette façon, donc, un homme, sans avoir da cœur, est -ar de tuer son homme, et de n'être point tué?

le maître d'armes.

Sans doute-, n'en vîtes-vous pas la démonstration?

monsieur JOlRDAIN

Oui.

le buître d'armes.

Et c*est en quoi l'on voit de quelle considération nous autics nous devons être dans un État; et combien la science iK s armes l'emporte hautement sur toutes les autres science» inutiles, comme la danse, la musique, la...

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