‹ uvres complètes de MolièreChapitre 205 sur 553 · V.é liien ! rjnni î · texte numérisé non relu

V.é liien ! rjnni î

MONSIEUR JOLUDAIN.

Tout beau! Holà! ho! Doucement Diaotre soit la coquin* i

NICOLE

Vous me dites de pousser.

MONSIEUR JOURDAIN

Oui ; mais tu me pousses en tierce avant que de me pousser en quarte, et tu n'as pas la patience que je pare.

MADAME JOURDAIN

Vous êtes fou , mon mari , avec toutes vos fantaisies ; et cela vous est venu depuis que vous vous mêlez de hanter la noblesse.

MONSIEUR JOURDAIN

Lorsque je hante la noblesse , je fais paroître mon jugement ; et cela est plus beau que de hanter votre bourgeoisie.

MADAiME JOURDAIN.

Çamon » vraiment ! il y a fort à gagner à fréquenter vos nobles , et vous avez bien opéré avec ce beau monsieur le comte, dont vous vous êtes embéguiné!

MONSIEUR JOURDAIN

Paix ; songez à ce que vous dites. Savez-vous bien , ma femme , que vous ne savez pas de qui vous parlez , quand vous parlez de lui? C'est une personne d'importance plus que vous ne pensez, un seigneur que l'on considère à la cour, et qui parle au roi tout comme je vous parle. N'est-ce pas une chose qui m'est tout à fait honorable, que l'on voie venir chez moi si souvent une personne de cette qualité, qui m'appelle son cher ami , et me traite comme si j'étois son égal ? II a pour moi des bontés qu'on ne devineroit jamais ;

' Ce$t mon, te fay mon, et faudra mon, sont façons de parler de harengèret dit Antoioe OudiD dans sa gramirjire française. Il est probable que famon e •De eorrupiion de <*««( mon, qui se disait par abréviatiou de c'est mon acii. 0 ea trouve un eiemple dans Honiaigue, liv. II, ch. 37. (Aimé Martio.)

264 LE BOURGEOIS GENTILHOxMME

et, devant tout le monde, il me fait des caresses dont je suis moi-aiéme confus

MADA:ME JOURDAIN.

Oui, il a des bontés pour vous, et vous fait des caresses; «lais il vous emprunte votre argent.

MONSIEUR JOURDAIN

Ile bien ! ne m'est-ce pas de l'honneur, de prêter de fargent à un homme de cotte condition-là? et puis-je faire moins pour un seigneur qui m'appelle son cher ami?

MADAME JOURDAIN

Et ce seigneur, que fait-il pour vous ?

UrONSIEUR JOURDAIN.

Des choses dont on scroit étonné, si on les savait .

MADAME JOURDAIN

Et quoi?

«ONSIEUR JOURDAIN.

Baste! je ne puis pas m'espliquer. II suffit que si je lui ai prêté de l'argent, il me le rendra bien, et avant qu'il soil peu.

MADAME JOURDAIN

Oui. Aiteudez-vous à cela

MONSIEUR JOURDAIN

Assurément. Ke me Ta-t-il pas dit?

MADAME JOURDAIN

Oui, oui, il ne manquera pas d'y faillir.

MONSIEUR JOURDAIN

Il m'a juré sa foi de gentilhomme.

MADAME JOURDAIN

Chansons 1

MONSIEUR JOURDAIN

Ouais! Vous êtes bien obstinée, ma femme! Je vous dis: qu'il me tiendra sa parole; j'en suis sûr.

MADAME JOURDAIN

Et moi , je suis sûre que non , et que toutes les caressas qu'il vous fait ne sont que pour vous enjôler.

MONSIEUR JOURDAIN

Taisez-vous. Le voici.

MADA.ME JOURDAIN.

Il ne nous faut plus que cela. Il vient peut-être encore nous faire quelque emprunt ; et il me semble que j'ai dîné quand je le vois.

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