‹ uvres complètes de MolièreChapitre 266 sur 553 · ACTE I. SCÈNE III. 34i · texte numérisé non relu

ACTE I. SCÈNE III. 34i

Ne pourroit sur aucun laisser tomber mon choix.

A lardeur de votre poursuite, ■e répondrois assez de mes vœux les plus doux;

Mais c'est, parmi tant de mérite, Trop que deux cœurs pour moi, trop peu qu'un cœur pour vous. Le mes plus doux souhaits j'aurois l'ame gênée

A l'effort de votre amitié, " t j'y vois l'un de vous prendre une destinée

A me faire trop de pitié.

Hii, princes, à tous ceux dont l'amour suit le vôtre, !e vous préférerois tous deux avec ardeur;

Mais je n'aurois jamais le cœur Je pouvoir préférer l'un de vous deux à l'autre

A celui que je choisirois Ma tendresse feroit un trop grand sacrifice ; Et je m'imputerois à barbare injustice

Le tort qu'à l'autre je ferois.

Oui , tous deux vous brillez de trop de grandeur d'juie

Pour en faire aucun malheureux ; Et vous devez chercher dans l'amoureuse tlamme

Le moyen détre heureux tous deux.

Si votre cœur me considère Assez pour me souffrir de disposer de vous,

J'ai deux s ! urs capables de plaire , Qui peuvent bien vous faire un destin assez doux; Et l'amitié me rend leur personne assez chère

Pour vous souhaiter leurs époux.

CLÉOMÈKE.

Un cœur dont l'amour est extrême

Peut-il bien consentir, hélas!

D'être donné par ce qu'il aime?

Sur nos deux cœurs, madame, à vos divins appas

Kous donnons un pouvoir suprême ;

Disposez-en pour le trépas :

Mais pour une autre que vous-même , Ayez celte bonté de n'en disposer pas.

ACÉiNOR,

Aux princesses, madame, on feroit trop d'outrage ; Et c'est, pour leurs attraits, un indigne partage,

Que les restes d'une autre ardeur, llfaut d'un premier feula pureté fidèle

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