‹ uvres complètes de MolièreChapitre 315 sur 553 · ACTE V. SCCKE VI · texte numérisé non relu

ACTE V. SCCKE VI

El qufc , si Psyché perd le jour , Si Psyché n'est à moi, je ue suis plus l'Amour. Oui, je romprai mon arc, je briserai mes (lèches.

J'éteindrai jusqu'à mon flambeau.

Je laisserai languir la Nature au tombeau ; Ou, si je daigne aux cœurs faire encor quelques brèc'ies. Avec ces pointes d'or qui me font obéir Je vous blesserai tous là haut pour des morlellea,

Et ne décocherai sur elles ^ue des traits énioussés qui forcent à haïr,

Et qui ne font que des rebelles,

Des ingrates et des cruelles.

Par quelle tyrannique loi Tieudrai-je à vous servir mes armes toujours prêtes, Et vous ferai-je à tous co. quêtes sur conquêtes, Si vous me défendez d'en faire une pour moi?

JUPITER, à Véuus.-

Ma fille, sois-lui moins sévère; Tu tiens de sa Psyché le destin en tes mains. La Parque, au moindre mot, va suivre ta colère. Parle, et laisse-toi vaincre aux tendresses de mère, Ou redoute un courroux que moi-même je crains.

Veux-tu donner le monde en proie A la haine, au désordre, à la confusiion; Et d'un dieu d union , D'un dieu de douceurs et de joie , Faire un dieu d'amertume et de di\ision?

Considère ce que nous sommes, Et si les passions doivent nous dominer. Plas la vengeance a de quoi plaire aux hommes. Plus il sied bien aux dieux de pardonner.

VÉNUS

Je pardonne à ce fils rebelle :

Mais voulez-vous qu'il me soit reproché

Qu'une misérable mortelle, L'objet de mon courroux, l'orgueilleuse Psj'ché

Sous ombre qu'elle H^i un peu belle,

Par un hymen dont je rougis, SouUle mon alliance et le lit de mon fils

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