‹ uvres complètes de MolièreChapitre 363 sur 553 · GIT.ONTE · texte numérisé non relu

GIT.ONTE

Comment! c'est sur les miennes qu'il a frappé.

SC.\PIN

Nemii, monsieur, c'étoit sur mon dos qu'il frappoit.

GÉROME

Que veux-tu dire? J'ai bien senti les coups et les sent bien encore.

SCAPIN

Non, vous dis-je ; ce n'est que le bout de son bâton qui a été jusque sur vos épaules.

GÉnONTE.

Tu devois donc te retirer un peu plus îoin pour m'épargner...

SCAPIN, lui remeltaot la têle dans le sac.

Prenez garde ; en voici un autre qui a la mine d'un

étranger. {Cel endroii est le même que celui du Gascon pour le changement

de langage et le jeu de ibéàire.) « Parti , moi courir comme une Basque, et moi ne pouvre point Iroufair de tout le jour sti diable de Gironte. » Cacbez-vous bien. « Dites-moi un peu, fous, montsir l'homme, s'il ve plaît, fous, safoir point où l'est sti Gironte que moi cberchair? » Non, monsieur, je ne sais point où est Géronte. u Dites-moi-le , fous, freoche-

■ Molière a pris Tidée de celte fcène dans Tabarin, comme l'indique la erstiqne de BoJle^-;. On peut voir le passage qui lui a servi de modèle, dans le r»» tuei" général des oeuvres et fantaisies de Tabarin, seconde partie, page l3l, édji iioa leRcuËo: I62S-

464 LES FOLKBe:f?(£S PE SCAPiN.

menle; moi li fouloir î:as gT's.icîe chose à lui. L'est seul©" mente pour lui donnairun petite régale sur le dos d'un dou~ zaine de coups de bâtonise, et de trois ou quatre petites coups d'épée au trafers de son poitrine. » Je vous assure, monsieur, que je ne sais pas où il est. « Il me semble que ji foi remuair quelque chose dans sti sac. » Pardonnezmoi , monsieur. « Li est assurément quelque histoire là-tetans. » Point du tout, monsieur. « Moi l'avoir enfie de tonne un coup d'épée dans sti sac. » Ah! monsieur, gardeZ' vous-en bien. « Montre-le-moi un peu, fous, ce que c'ètre là. » Tout beau, monsieur. « Quement, tout beau! » Vous n'avez que faire de vouloir voir ce que je porte. « Et moi , je le fouloir voir, moi. » Vous ne le verrez point. « Ah que de badinemente. » Ce sont bardes qui m'appartiennent, « Montre-moi, fous, te dis-je. » Je n'en ferai rien. « Toi ne faire rien? » Non. « Moi pailler de ste bâtonne dessus les épaules de toi. » Je me moque de cela. « Ah ! toi faire le

trôle! » (Donnant des coups debàlon sur le sac, et criant comme s'il les recevoit.)

Ahi, ahi, ahi! Ah! monsieur, ah, ah, ah, ah. « Jusqu'au refoir : l'être là un petit leçon pour li apprendre à toi à parler insolentemente. » Ah! peste soit du baiagouinpux! Ah.

GÉBONT£« sériant sa tète du sac.

Ah! je suis roué.

SCAPIN

Ah ! je suis mort.

GÉRONTE

Pourquoi diantre faut-il qu'ils frappent sur mon dos?

SCAPIN , lu' remettant la têle dans le sac.

Prenez garde; voici une demi-douzaine de soldats tout

ensemble. (Contrefaisant la voix de plusieurs pertooDei.) « AllonS , tâchons à trouver Géronte, cherchons partout. N'épargnons point nos pas. Courons toute la ville. N'oublions aucun lieu. Visitons tout. Furetons de tous les côtés. Par où irons-nous? Tournons par là. Non, par ici. A gauche. A droite. Nenni.

Si fait. I) (A Géronte, avec sa voix ordinaire.) Cachez-VOUS biCD.

« Ah! camarades, voici son valet. Allons, coquin, il faut que tu nous enseignes où est ton maître, •> Hé! messieurs, ne me maltraitez point. « Allons, dis-nous où il est Parle. Hàtc-toi. Fxpédions. Dépèche vite. Tôt. » Hé! messieurs,

doucement. (Géronte met doucement la tète hart du s*c, ei ap^'içoit la four»

kerie de ScapiD.) « Si lu ue nous fais tcouver ton niaitre tout à

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