‹ uvres complètes de MolièreChapitre 365 sur 553 · SCÈNE III. — ZERBINETTE, GÉRONTE · texte numérisé non relu

SCÈNE III. — ZERBINETTE, GÉRONTE

ZEnBINr.TTE, rianl, oansvoir Gcronle.

Ah, ah. Je veux prendre un peu l'air '.

CLRONTE , à part , sans voir Zerbinette.

Tu me le paieras, je te jure.

ZEnB^^ETTE , sans voir Gf'ronte.

Ah, ah, ah, ah! La plaisante histoire! et la bonne dup« que ce vieillard !

GÉRONTE

Il n'y a rien de plaisant à cela ; et vous n'avez que faire d'en rire.

ZERBINETTE.

Quoi? Que voulez-vous dire, monsieur?

gi't.onte.

Je veux dire que vous ne devez pas vous moquei" de moi.

ZERBINETTE.

De vous?

GÉRONTE

Oui.

ZERBINETTE.

Comment! qui songe à se moquer de vous?

GIRONTE.

Pourquoi venez-vous ici me rire au nez?

ZERBINETTE.

•Cela ne vous regarde point, et je ris toute seule d'un coot*

Dans h Pelant Joué, Génevole arrive siir la scèoe en poussobt de gTStd» wUls lie rirL, et elle raconie à Nicolas Granger le tour dont il Tient d'èt.*e t» lupe. Molière (ioij iloiic encore l'idée de celle scène à Cyrano de Bergerac : rtiaii lans cftle nouvelle imitation il s'éloii;ne encore pUif de son n.o lele que dats I» M«inicre. Vo^ez U l'édant jotiéi acte III, acene il. (Aimé Muriin.)

i66 LES FOURBEF.ÎES DE sCAPlN.

qu'on vient de faire, le plus plaisant qu'on puisse entendre. Je ne sais pas si c'est parccque je suis intéressée dans la chose; mais je n'ai jamais trouvé rien de si drôle qu'un tour qui vient d'être joué par un fils à son père pour ec attraper de l'argent.

GÉr.ONTE.

Par un fils à son père, pour en attraper de l'argent?

ZERBINETTE.

Oui. Pour" peu que vous me pressiez, vous me trouvère: assez disposée à vous dire l'affaire; et j'ai une dénrangeaisoi naturelle à faire part des contes que je sais.

GÉROM'E.

Je vous prie de me dire cette histoire.

ZERBINETTE.

Je le veux bien. Je ne risquerai pas grand' chose à vou» la dire, et c'est une aventure qui n'est pas pour être longtemps secrète. La destinée a voulu que je me trouvasse parmi une bande de ces personnes qu'on appelle Égyptiens, et qui, rôdant de province eu province, se mêlent de dire !• bonne fortune, et quelquefois de beaucoup d'autres choses. En arrivant dans cette ville , un jeune homme me vit et conçut pour moi de l'amour. Dès ce moment , il s'attache à mes pas; et le voilà d'abord comme tous les jeunes gens, qni croient qu'il n'y a qu'à parler, et qu'au moindre mot qu'ils nous disent, b^urs affaires sont faites; mais il trouva une fierté qui lui fit un peu corriger ses premières pensées. Il fit connoître sa passion aux gens qui me tenoient, et il (es trouva disposés à me laisser à lui moyennant quelque somme. Mais le mal de l'affaire étoit que mon amant se trouvoit dans l'état où l'on voit très souvent la plupart des fils de famille, c'est-à-dire qu'il étoit un peu dénué d'argent, !l a un père qui, quoique riche, est un avaricieux fieffé, le lus vilain homme du monde. Attendez. Ne me saurois-je ouvenir de son nom? Haie. Aidez-moi un peu. Ne pouvezyous me nommer quelqu'un de cette ville qui soit coniigi pour être avare au dernier point?

GÉRONTE

Non.

ZERBINETTE

il y a à son nom du ron... ronte... Or... Oronte... Noifc ixé... Géronte. Oui, Géronte, justement; voilà mon vilain;

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