SCÈNE VII. — GÉRONTE, ARGANTE , SYLVESTRE
GÉRONTE
Ah ! seigneur Aigante, vous me voyez accablé de disgrâce.
ARGANTE
Vous me voyez aussi dans un accablement horrible.
GÉRONTE
Le pendard de Scapin, par une fourberie, m'a attrapé «iuq cents écus
ARfi \NTE.
Le même pendard de Scapin , par une fourberie aussi , m'a attrapé deux cents pistolcs.
GÉRONTE
Il ne s'est pas contenté de m'attraper cinq cents écus ; il m'a traité d'une manière que j'ai honte ^e dire. Mais il me la paiera.
ie veux qu'il me fasse raison de la pièce qu'il m'a jouée,
GÉllONTE.
Et je prétends faire de lui une vengeance exemplaire.
SYLVESTRE , à part.
Plaise au ciel que, dans tout ceci, je n'aie point ma part!
GÉRONTE
Liais ce n'est pas encore tout , seigneur Argante ; et un malheur nous est toujours l'avant-coureur d'un autre. Je me réjoîiissois aujourd'hui de l'espérance d'avoir ma fille ,
' Paire passer à quelqu'un (a plume par (e bec, rattraper, le duper, sacs qu'il 9iiiss« se plaiodre. (F. Génin.)
< Pour eœpècher Ips oisons de traverser les haies et d'entrer dans les jardins qu'elle» enioureni, no passe une plume par les deux oiivcrlures qui sont à il partis iupcr:eufe Je U'u.r bec. De là le tiroverbe passer la plume par U bn,
{Aeger.)
470 LES fOURBERIES DE SCAPIN.
dont je faisois toute ma consolatioû; et je viens d'apprendre de mon homme qu'elle est partie il y a longtemps de Talenle, et qu'on y croit qu'elle a péri dans le vaisseau où elle s'embarqua.
ARGANTE
Mais pourquoi, s'il vous plaît, la tenir à Tarente, et ce vous être pas donné la joie de l'avoir avec vous?
GÉRONTE
J'a'i eu mes raisons pour cela ; et des intérêts de famille aï'ont obligé jusques ici à tenir fort secret ce second maliage. Mais que vois-je?