‹ uvres complètes de MolièreChapitre 398 sur 553 · SCÈNE I. — ARMANDE, HENRIETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE I. — ARMANDE, HENRIETTE

ARMANDE

Quoi ! le beau nom de fille est un titre , ma sœur, Dont vous voulez quitter la charmante douceur? ït de vous marier vous osez faire fête? ^e vulgaire dessein vous peut monter en tète?

Actenn de la troupe de Molière î • MoilÈllE. — * Le sieuf Hubert. - Mademoiselle de Brie. — ♦ Mademoitelle Molière. — ' Baron. — • Hart?- »oiielle ViLLEAUBRUN (Geneviève Béjart). — ' La Grange. — 'La Taa» ïtLLiÈRE. — • Du CroIsy. — •• Une servante de Molière, qui portait ce c»ia.

UENRIETTE.

Oui , ma sœur.

Ah ! ce oui se peut-il supporter?

Et sans un mal de cœur sauroit-on l'écouter?

HENUIETTE.

Qu'a donc le mariage en soi qui vous oblige. Ma sœur*..?

ARMANDE

Ah! mon Dieu! fl!

HENRIETTE

Comment?

ARMANDE

Ah! fl! vous dis-)*,.

Ne concevez-vous point ce que , dès qu'on l'entend , Un tel mot à l'esprit offre de dégoûtant, De quelle étrange image on est par lui blessée, Sur quelle sale vue il traîne la pensée? N'en frissonnez-vous point? et pouvez-vous, ma sœur, Aux suites de ce mot résoudre votre cœur ?

HENRIETTE

Les suites de ce mot, quand je les envisage. Me font voir un mari, des enfants, un ménage; Et je ne vois rien là , si j'en puis raisonner, Qui blesse la pensée , et fasse frissonner.

ARMANDE

De tels attachements, ô ciel! sont pour vous plaire?

HENRIETTE

Et qu'est-ce qu'à mon âge on a de mieux à faire Que d'attacher à soi, par le titre d'époux, Un homme qui vous aime et soit aimé de vous; Et, de cette union de tendresse suivie. Se faire les douceurs d'une innocente vie? île nœud bien assorti n'a-t-il pas des appas?

ARMANDE

)lon Dieu! que votre esprit est d'un éla!;e bns! [|up vous jouez au momie un peîil per.si>ii!i;i;;e , De vous claquemurer aux choses du ménage, Et de n'entievoir point de plaisirs plus touchants Qu'une idole d'époux et des marmots d'enfauls! Laissez aux gens grossiers, au2 çorsonnes vulgaires,

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