‹ uvres complètes de MolièreChapitre 400 sur 553 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

Ainsi, n'ayant au cœur nul dessein pour Clilandre, Que vous imporle-t-il qu'on y puisse prc'endre !

ARMA^DE

Cet empire que tient la raison sur les sens We fait pas renoncer aux douceurs des encens; L't l'on peut pour époux refuser un mérite Que pour adorateur on veut bien à sa suite.

HENRIETTE

Je n'ai pas empêché qu'à vos perfections 1 n'ait continué ses adorations; El je n'ai fait que prendre, au refus de votre ame, Ce qu'est venu m'offrir l'hommage de sa tlamme.

ARMANDE

Mais à l'offre des vœux d'un amant dépité Trouvez-vous, je vous prie, entière sûreté? Croyez-vous pour vos yeux sa passion bien forte , Et qu'en son cœur pour moi toute llamme soit morte ?

HENRIETTE

Il me Va dit, ma sœur; et, pour moi, je le croi.

ARMANDE

Ne soyez pas, ma sœur, d'une si bonne foi;

Et croyez, quand il dit qu'il me quitte et vous aime,

Qu'il n'y songe pas bien, et se trompe lui-même.

HENRIETTE

Je ne sais; mais enfm, si c'est votre plaisir, Il nous est bien aisé de nous en éclaircir : Je l'aperçois qui vient ; et , sur cette matière , Il pourra nous donner une pleine lumière.

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