‹ uvres complètes de MolièreChapitre 408 sur 553 · SCÈNE II - CHRYSALE, ARISTE · texte numérisé non relu

SCÈNE II - CHRYSALE, ARISTE

ARISTE

Ah! Dieu vous gard', mon frère!

CHRYSALE

Et vous aussi.

Mon frère!

ARISTE

Savez-vous ce qui m'amène ici?

CIIUYSALE.

Non; mais, si vous voulez, je suis prêt à l'entendre '.

ABISTE.

Depuis assez longtemps vous connoissez Clitandre?

CHRYSALE

Sans doute, et je ie vois qui fréquente chez nous.

ARISTE

En quelle estime est-il , mon frère , auprès de vous ?

CHRYSALE

D'homme d'honneur, d'esprit, de cœur, et de conduite; Et je vois peu de gens qui soient de son mérite.

ARISTE

Certain désir qu'il a conduit ici mes pas, Et je me réjouis que vous en fassiez cas.

CHRYSALE

Je connus feu son père en mon voyage à Rome.

ARISTE

Fort bien.

'Ce petit jeu de dialogue a déjà élu employé deux fois par MoliWe, (Étourdi et dans les Fourberiei dt Scnpit^ (Auger.J

5i8 LES FEMMES SAVANTES.

CHRTSALE.

C'étoit, mon frère, uu fort bon gentilhomme.

ARISTE

On le dit.

CHRYSALE

Nous n'avions alors que vingt-huit ans.

Et nous étions, ma foi, tous deux de verts galants.

ARISTE

Je le crois.

CHRYSALE

Nous donnions chez les dames romaines.

Et tout le monde, là, parloit de nos fredaines : Nous faisions des jaloux.

ARISTE

Voilà qui va des mieux; Mais venons au suiet qui m'amène en ces lieux.

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