‹ uvres complètes de MolièreChapitre 422 sur 553 · ACTE m. SCE^Jt H. >n · texte numérisé non relu

ACTE m. SCE^Jt H. >n

LÊPINE.

îp m'en suis aperçu, madame, étant par terre

PIIILAMINTE, à Lépioe, qui sort Le liiuidaud'

TRISSOTIN

Bien lui prend de n'être pas de ver?"

ARMANDE

'di ! de l'esprit parlout!

BLLISE.

Cela ne tarit pas

(Us i xoseyoak PniLAMINTE.

Servez-nous promptement votre aimable repas

TRISSOTIN

Pour cette grande faim qu'à mes yeux on expose,

Un plat seul de huit vers me semble peu de chos»

Et je pense qu'ici je ne ferai pas mal

'Je joindre à répip,ranime, ou bien au madrigal,

Le ragoût d'un sonnet qui, chez une princesse,

A passé pour avoir quelque délicatesse.

'A est de sel allique assaisonné parlout,

Et vous le trouverez, je crois, d'assez bon goût.

ARMANDE

Ah' je n'en doute point.

l'HILAjnXTE.

Donnons vite audience.

BÉLTSE, lOterrompaDt Trissolin ciiaqnc fois qu'il se dispon â 'A:'^

' sens d'aise mon cœur tressaillir par avance.

aime la poésie avec entêtement,

! surtout quand les vers sont tournés galamment.

HIIII.AMINTE.

: nou? parlons toujours, il ne pourra rien dire.

TRISSOTIN

BÉMSE, à HenrieUe.

Silènes, ma niàe.

Ar.MANOE.

Ah! loissez le donc l'iTs.

S3& LES FEMMES SAVAiNïES.

TKrSSOTIN

Sonnet à la princetse Uranîe, ««r «a/tet'?c '

Votre prudence est endormie, De traiter magniGquemenl Et de loger su pertiemect Votre plus cruelle ennemie,

BÉLISE

M» ! ïe joli début !

ARMANBE.

Qu'il a le tour galant!

PllILAMINTE.

Lui seul des vers aisés possède le talent

AR1IANDE

A prudence endormie il faut rendre les armes-

BÉLISE

Loger son ennemie est pour moi plein de charnae;

PniLAMINTE.

J'aime superbement et magnifiquement ;

Ces deux adverbes joints font admirablemeal.

BÉLISE

Prêtons l'oreille au reste.

Votre prudence est en uirnue, Do traiter masnifiquemcnl

' Le sonnet se trouve dans les OEavres galanUs en prose »t os bcî Je SS. Cet!n,chez Etienne Loisoii. Paris, 16S3. Il est intitulé Sonntt à madtmoisiUe .'e Zongueville, à présent duekesse de yemours, sur sa fièvre quarte. — Ce fut Boileau qui fournit l'idée de la scène entre Trissotin et Vadius. On a blàme Molière d'avoir ainsi mis sur la scène un ecclèsia-tique de soixante ans. M. Aime Martin, à propos de cette critique, dit avec raison que, comme première excuse, HT'.ière avait été attaqué le premier, qu'il n'a fait que se défendre: < 11 se veoge, d.\ le commentateur que nous venons de citer, du méchant poêle, mais il ne dit rif-n ni de l'ecclésiastique ni du prédicateur; il fait plus, il sépare si bien le poète de l'homme privé, que les contemporains ne peuvent les confondre ; car ce qu'il y a d^vil dans le personnage de Trissotiu (sa cupidité, sa persévérance à vouloir épouser Henriette ) ne pouvoit convenir à un ecclésiastique de soixante ans. AiD3i i^olière ne diffame pas la vie de Cotin, il joue ses ridicules. La punition qu'il lui i!i>pose est d'ailleurs aussi spirituelle que singulière; c'est d'être admiré par les f recieuses, c'est de s'entendre répéter en public les éloges que ces dtaict lui cionnaient tous les jours en particulier.

Cotiit, du reste, méritait bien les sarcasmes de Molière; car il était difficile de ; 'lisser plus loin le pédnnlisme ei la vanilé. En faisant allusion à son prénom de ' arles, il disait : < Mon cUiiVre, c'est deux CC entrelacés, qui, retournés et ;r nts ensemble, forment un cercle; cela veut dire un peu mysti>|uement que met œuvres rempliront le rond de la terre quand elles seront toutes reliées ensemble; car mes Énigmes ont ététradiiiles en italien et en espagnol, et mon Cantiqutdv Cindf «ej envoyé par toute la letve, etc. >

hCliL I!I. SCEINL II. :;.i>

Et de loger supt-rbemeDî Totre plut cruelle ennemi.;.

ARMANDE

Prudence endormie!

BÉLISE

Lotjcr son ennemie I

PHILAMIîSTE.

Superbement et magnifiquement!

TRISSOTIN

7aites-la sortir, quoi qu'on ilie.

De voire riche upparlenient.

Où celte ingrate iusolenimeut Attaque votre belle vie»

Ah! tout doux! laissez-moi, de gi'ace, respire:'.

ARMANDE

DoDoez-DOus, s'il vous plaît, le loisir d'admirer.

PHILAMINTE

On se sent, à ces vers, jusques au fond de laîr." Couler je ne sais quoi qui fait que l'on se pâme.

ARKUNDE.

Faitef-la sortir, quoi qu'oB jie, De votre riche appartemeot.

Que riche appartement est là joliment dit! Et que la métaphore est mise avec esprit!

PHILAMINTE

Faites-la sortir, quoi qu'on die.

Ah! que ce quoi qu'on die est d'un goût admiraJsS?: C'est, à mon sentiment, un endroit impayable.

ARMANDE

He quoi qu'on die aussi mon cœur est amoureu'.

BÉLfSE.

»e suis de votre avis, quoi qu'on die est heureui,

ARMANDE

Je voudrois l'avoir fait.

BÉLISE

Il vaut toute une pièce.

Mais en comprend-on bien, comme moi, la flse?^

ÛRSÎANDE ET BÉLfHi:

540 LFS FCMMES SAVANTES.

Pt5if.AMl!STE.

Fiiîies-la soitir, i|ooi qii't.n die.

One de la fièvre on prenne ici les intérêts, M'ayez aucun égard, inoqucz-vous des caquets.

Faites-la sortir, quoi qu'on die, Quoi qu'on die, quai qu'on (lie.

te quoi qu'on die en dit beaucoup plus qu'il ne sembk îe ne sais pas, pour moi, si chacun me ressemble ; Mais j'entends là-dessous un million de mots.

BÉLISE

U est vrai qu'il dit plus de choses qu'il n'est gros.

PHILAMTNTE, à Tiissolin.

Mais quand vous avez fait ce charmanl quoi qu'on die, Avez-vous compris, vous, toute son énergie? Songiez-vous bien vous-même à tout ce qu'il nous àiii Et pensiez-vou3 alors y mettre tant d'esprit?

TRISSOTSK

Haii hji!

AHMANDE.

J'ai fort aussi Vingrale dans la tête, Celtii ingrate de fièvre, injuste, malhonnête, Qui traite mal leâ gens qui la logent chez eux

î^nfîn les quatrains sont admirables tous deux. Veaons-eu promptement aux tiercets, je vous pris

ARMAiNDE.

Ah! s'il vous plaît, encore une fois quoi qu'on d%i^

TRISSOTIN

FaiteS'la sortir, quoi qu'on die, PHILAMINTE, ARMANDE ET BÉLISE.

Quoi qu'on die!

TRISSOTIN

De votre riche appartement,

PniLAMlNTE, ARMANDE ET BELISE.

iliche appartement!

TRISSOTIN

Ofi cette Ingrate insolemment PHILAMINTE, ARMANDE ET BËLISS.

Celte ingrate de fiévjy l

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