‹ uvres complètes de MolièreChapitre 449 sur 553 · SCÈNE II. — CHRYSALE. Cï^'B'ANDr.E , HENUIETTK · texte numérisé non relu

SCÈNE II. — CHRYSALE. Cï^'B'ANDr.E , HENUIETTK

MAirriiNi:.

r.nr.vsALr..

Ail ! ma fille , j" suis bien aise de vous voir ; Allons, venez-vous-en faire votre devoir. Et soumettre vos vœux aux volontés dun père. Je veux, je veux apprendre à vivre à votre mère ; Et, pour la mieux braver, voilà, malgré ses dents, Martine que j'amène et rétablis céans.

HENUIETTE.

Vos résolutions sont dignes de louange.

Gardez xi,.e celte bumeur, mon père, ne vous ciiaoge;

Soyez ferme à vouloir ce que vous souhaitez ;

Et ne vous laissez point séduire à yâs bontés.

Ne vous relâchez pas, et faites bien en sorte

D'empêcher que sur vous ma mère ne l'emporte.

CHRYSALE

Comment! Me prenez-vous ici pour un benêt?

HENRIETTE

M'en préserve le ciel!

Je ne dis pas cela.^

CHRYSALE

Suis-je un fat, s'il vous pîaîlî

HENRIETTE

CHRTSALE.

Me croit-on incapable Des fermes sentiments d'un homme raisonnabla?

HENRIETTE

Non, mon père.

CHRYSALE

Est-ce donc qu'à l'âge où je me voi, Je n'aurois pas l'esj>rit d'être maitre chez moi?

,^72 LES l'ExMMES SAVANTES.

IlliNRlETTE.

Si fail.

CHRYSAIX.

Li que j'aurois celte foiblesse d'ame, De me laisser mener par le nez à ma femme?

HENRIETTE

Eh ! non , mon père.

CHRYSALE

Ouais! Qu'est-ce donc que ceci?

Je vous trouve plaisante à me parler ainsi!

HENRIUTTE.

Si je vous ai choqué, ce n'est pas mon envie.

CHRYSALE

Ma volonté céans doit être en tout suivie.

HENRIETTE

Fort bien , mon père.

CHRYSALE

Aucun, hors moi, dans la maison, N'a droit de commander.

HENIUETTE.

Oui ; vous avez raison.

C'est moi qui liens le rang de chef de la famille.

HENRIETTE

D'accord.

CHRYSALE

C'est moi qui dois disposer de ma fille.

HENRIETTE

Eh ! oui.

CHRYSALE

Le ciel me donne un plein pouvoir sur vou«.

HENRIETTE

Qui vous dit le contraire ?

CHRYSALE

Et, pour prendre un épom.

Je vous ferai bien voir que c'est à votre père Qu'il vous faut obéir, non pas à votre mère.

HENRIETTE

Hélas! vous flattez là le plus doux de mes vaux; Veuillez être obéi : c'est tout ce que je veu\.

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