‹ uvres complètes de MolièreChapitre 468 sur 553 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

ANGÉLIQUE

Et qu'il fit tout cela*de la meilleure grâce du monde?

TOINETTE

Oh ! oui.

ANGCLIQDE.

Ne trouves-tu pas, Toiuette, qu'il est biea fait de sa personue?

TOINETTE

Assurément.

ANGÉLIQUE

Qu'il a l'air le meilleur du monde?

TOINETTE

Sans doute

Que ses discours, comme ses actions, ont quelque 'chose de noble?

fOINETTE.

Cela est sûr.

ANGÉLIQUE

Qu'on ne peut rien entendre de plus passionné que tout : ce qu'il me dit?

TOINETTE

Il est vrai.

ANGÉLIQUE

Et qu'il n'est rien de plus fâcheux que la contrai-nle où l'on nie tient, qui bouche tout conunerce aux doux empressements de cette mutuelle ardeur que le ciel nous inspire?

TOINETTE

Vous avez raison.

ANGÉLIQUE

Mais, ma pauvre Toinette, crois-tu qu'il m'aime autant qu'il me le dit?

TOINETTE

Hé! heî ces choses-là parfois sont un peu sujettes à caii' îion. Les grimaces d'amour ressemblent fort à la vérité; et j'ai vu de grands comédiens là-dessus.

ANGÉLIQUE

Ah! Toinette, que dis-tu là? Hélas! de la façon qu'il purï?, scroil-il bien possible qu'il ne me dit pas vrai?

TOINETTE

En tout cas, vous en serez bientôt éclairiic; et la résolu-

tion où il vous écrivit hier qu'il étoit de vous faire demander en mariage, est une prompte voie à vous faire connoître s'il TOUS dit vrai ou non. C'en sera là la bonne preuve.

ANGÉLIQUE

Ah ! ïoinelte, si celui-là me trompe, je ne croirai de aa vie aucun homme.

TOI NETTE

Voilà votre père qui revienU

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